La Blogothèque
Mercredix

Electrique vs. Acoustique (Volume 1)

Cinq titres seulement pour ce Mercredix, mais déclinés deux fois chacun : la première fois en version originale électrique et la seconde en version acoustique. Une juxtaposition pour permettre les comparaisons et des commentaires personnels qui donnent plutôt des raisons de préférer le versant apaisé au côté brut originel.


Disponible sur Spotify

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1. The Twilight Sad – The Neighbours Can’t Breathe

2. The Twilight Sad – The Neighbours Can’t Breathe (acoustic version)

Don’t frown, don’t frown / ‘Cause everybody’s wearing black clothes and I’m wearing white

Positionné en fin d’album (sur Forget The Night Ahead ),“ The Neighbours Can’t Breathe” est un morceau bien représentatif du style des Ecossais : brutal, noisy, tendu presque épileptique… Mais ce n’est pas leur meilleur morceau assurément : il prend trop de temps à se développer puis à s’achever, il convoque un peu de violence inutile et sacrifie l’hypnotisme et la transe contre trop de pesanteur et d’immobilisme et pas assez de variations…
Avec sa version acoustique (en face B du single The Room ), forcément dépouillée (guitare sèche et chant, uniquement), ce sont les évidences apportées aux détracteurs : les chansons de The Twilight Sad s’abritent derrière des murs de guitares mais sont capables de bouleverser quand elles sont presque nues, James Graham sait émouvoir sans cri ni transe et son accent est magnifique quand il occupe le premier plan. Sur son prochain album, The Twilight Sad devrait baisser le volume des amplis et laisser plus de place aux émois simples. C’est prometteur…

3. Red House Painters – Mistress

4. Red House Painters – Mistress (piano version)

I need someone much more mysterious / to be my miss/ to be my mistress

Batterie limpide, guitare saturée à volume faible, réverbérations et voix avec écho, le “Mistress” du premier des deux albums éponymes des Red House Painters (celui de 1993) est une chanson agréable mais trop linéaire et finalement somnolente… En la réinterprétant live avec un simple piano pour une session radio, Mark Kozelek lui rend sa beauté brute et profondément émouvante.

5. Idlewild – Love Steals Us From Loneliness

6. Idlewild – Love Steals Us From Loneliness (acoustic version)

My anger is a form of madness / So I’d rather have both than the sadness

Le morceau introductif de l’album Warning/Promises est un peu pompier par rapport à la discographie précédente d’Idlewild, il convoque la cavalerie sous forme de guitare, fait débouler un refrain un peu agressif et bouscule d’entrée de jeu sur un album un peu particulier, composé pendant de longs mois sur l’île perdue de Skye (en Ecosse) et enregistré dans un rutilant studio à Hollywood… Sur l’album c’est la version “américaine” qui l’emporte. Quelques mois plus tard, le groupe en enregistre une nouvelle version avec violon et influences celtiques apparentes, plus proche de ce qui avait été ébauché dans les landes perdues des Highlands. L’espace d’un instant, pour les deux versions, imaginez Michael Stipe et R.E.M. aux commandes, on aurait frôlé le tube…

7. Dinosaur Jr. – Get Me

8. J. Mascis – Get Me (Live from CBGB’s)

Every dream is shot by daylight / And I pray maybe that you’re right / But if you don’t maybe I might / Cause it’s on and on

On n’attend pas forcément Dinosaur Jr. sur le terrain acoustique. Il faudrait pour cela imaginer les chansons du groupe sans guitares stridentes, sans interminables solos et sans ces variations constantes de volumes et de rythmes, ces enchaînements improbables et décalés entre couplets et refrains, ces brisures et raccords-miracles, soit tout ce qui fait la “patte” du groupe. Logiquement, sans électricité, l’épreuve devrait s’avérer casse-gueule…
Et pourtant, J. (ou Jay) Mascis a enregistré un bon nombre de ses morceaux en versions acoustiques, dont un Live from CBGB’s dont est extrait cette version nue d’un emblématique “Get Me”. Voix souffreteuse, approximations, proximité du malaise, on sent néanmoins J. Mascis étonnamment impliqué malgré les apparences, et on prend plaisir (à condition de ne pas en abuser évidemment) à la (re)découverte d’une facette plaisante de son songwriting : la chanson de feu de camp…

9. Prefab Sprout – Desire As

10. Prefab Sprout – Desire As (acoustic version)

I’ve got six things on my mind you’re no longer one of them

En 1985, Prefab Sprout sort son Steve McQueen avec ses nombreuses perles pop. Vingt ans plus tard, à l’occasion d’une réédition, Paddy McAloon, réenregistre quelques morceaux dont ce Desire As qui a bien mal vieilli. En troquant les synthés vintages contre une guitare, il donne au morceau, dès son intro allongée, un supplément impressionnant de relief et une consistance qu’il n’avait pas à l’époque. Ou comment une chanson qui flirtait avec le lounge fm sirupeux des années 80 devient plus que fréquentable quand elle se dévêt un peu…