La Blogothèque
Mercredix

Enregistrés par Steve Albini

Des albums enregistrés par Steve Albini , nous en avons tous, un, dix, cinquante ou plus peut-être. Souvent sans le savoir. S’il est de notoriété publique qu’il a œuvré sur certains disques de Nirvana (In Utero ), Godspeed You! Black Emperor (Yanqui U.X.O. ) ou Mogwai (My Father My King ), il a aussi travaillé sur un nombre impressionnant d’autres albums : 1500, 2000 ? Il ne le sait pas précisément lui-même. En refusant le plus souvent d’être crédité, ou bien, s’il l’était, sous pseudo. Reggie Stiggs, Fluss, Li’l Weed, Robert Earl Hugues, The Proprietor… c’est lui. Et le some fuckin’ derd niffer qui apparaît sur les notes de pochette de Tweez , le premier album de Slint, c’est lui aussi !

Des chansons portent son nom (“Beefheart/Albini” de Therapy?, “Steve Albini’s Blues” de Songs : Ohia … ou la plus barrée “Steve Albini Fucked Pac-Man” des punks de Sockeye), des albums lui sont consacrés (le Songs About Fucking Steve Albini de Kid 606, notamment) et un groupe est allé jusqu’à s’approprier son nom : les Strasbourgeois de Enregistré par Steve Albini (qui n’ont pourtant pas l’heur d’avoir été enregistrés par le monsieur, à la différence de certains de leurs compatriotes comme Sloy ou Les Thugs) !

Consécration ultime, hum…, Steve Albini a désormais un Mercredix à son nom : par ordre chronologique, dix morceaux évidemment enregistrés par ses soins…


Disponible sur Spotify

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1. Pixies – Gigantic (sur Surfer Rosa – 1987)

Steve Albini a 25 ans et c’est sûrement le premier disque majeur qu’il enregistre…

2. PJ Harvey – Man-Size (sur Rid Of Me – 1993)

Le son de guitare est sec, la voix légèrement sous-exposée, le morceau tendu et hypnotique, finalement explosif… Le style Albini, même s’il s’en défend.

3. Silkworm – Drunk (sur Firewater – 1996)

Eternel groupe de seconde division, injustement sous-estimé, Silkworm faisait du Pavement pour les nuls, un style en soi… Steve Albini était fan et a enregistré une bonne partie de leur discographie.

4. Low – Bright (sur Transmission EP – 1996)

Slowcore, le mot interdit, mais qui définit pourtant bien ces tensions ralenties, ces belles pesanteurs et ces atmosphères faussement feutrées. Steve Albini n’a pas fait qu’enregistrer ce disque, il en a aussi illustré la pochette.

5. The Breeders – The She (sur Title TK – 2002)

Il y a une vie après “Cannonball”, mais elle n’est finalement pas très reluisante. Après le hit planétaire, les Breeders s’enferment dans des musiques moins explosives, syncopées et pleines de groove. Un bide commercial, mais des morceaux assez fascinants avec le recul…

6. Dead Man Ray – Landslide (sur Cago – 2002)

Steve Albini se frotte au rock belge, école dEUS, avec songwriting pop soigné, changements de rythmes en doses fortes et exigences élevées. Il a dû en baver un peu…

7. Songs: Ohia – Peoria Lunch Box Blues (sur Magnolia Electric Co. – 2003)

Sur ce morceau, Jason Molina laisse le chant à Scout Niblett, une grande habituée aussi des studios Electrical Audio de Chicago.

8. Mclusky – Without Msg I am Nothing (sur The Difference Between Me And You Is That I’m Not On Fire – 2004)

Une batterie tout en force, des guitares sales et un chant entre cris, déviances et épuisement, une grosse sensibilité hardcore… Les Mclusky avaient tout pour plaire à Steve Albini et ils ont enregistré les deux-tiers de leur production avec lui, dont ce morceau, plutôt lent et bancal, sûrement composé en dix minutes un soir de beuverie, mais tout de même particulièrement jouissif…

9. Electrelane – Eight Steps (sur Axes – 2005)

Deux albums avec le monsieur pour les demoiselles anglaises, avec notamment cet étonnant et lancinant morceau tout instrumental, qui oscille entre tango, douce ritournelle et tentations plus violentes…

10. Gogol Bordello – Illumination (sur Gypsy Punks Underdog World Strike – 2005)

La rencontre entre Steve Albini et Eugene Hutz n’allait pas de soi. Encore moins pour un morceau en acoustique, avec chœurs ivres et belles déclarations révolutionnaires avec l’accent ukrainien impitoyable. Et pourtant…

Dessin de Steve Albini par Kevin McGuire