La Blogothèque

Polaco Sunshine

La jungle, hein, ou un truc dans le genre. On m’avait juste dit qu’on allait au nord de Buenos Aires, au Tigre. Aucune idée de ce que c’était le Tigre, on allait y passer deux jours, on prenait un bateau pour se rendre à la maison, ça semblait parfait comme voyage. Sauf que, vous n’imaginez pas, ce que c’est de filmer un plan séquence avec un cinquantaine de moustiques qui vous bouffent les bras. Ça, les manuels de cinéma le racontent pas. Ça fait tout de suite moins glorieux.

Polaco Sunshine joue une musique assez indescriptible, qui pioche aux nombreux alentours. Musique instrumentale, qui ouvre des possibilités narratives. J’entamais à l’époque une recherche sur les nouveaux cultes émergents, et ce film avec Polaco fut un premier essai pour une nouvelle religion. Enfin, un peu.
Une balade dans la JUNGLE, donc, abstraite et guidée vers l’esprit du lieu, un personnage singulier qui vit isolé au milieu de la nature, Calitshatski, et vers qui les musiciens argentins vont de temps à autre puiser leur inspiration.

Filmer la nature est impossible. L’évoquer tout au plus, l’âme qui s’impose à vous, ces sons si intenses et si invisibles pour autant. Alors ne reste plus qu’à imaginer les moustiques comme rares manifestations visibles, s’en réjouir. Et on se pare de plans flottants un peu longs pour dire qu’on y croit.