La Blogothèque
Concerts à emporter

(Please) Don’t Blame Mexico

Votre mission, ce jour : trouver un piano dans le XVe arrondissement, pour permettre au groupe (Please) Don’t Blame Mexico de jouer au moins l’une des petites perles pop de son nouvel album, Concorde .

C’est une lectrice, une inconnue, une inconsciente, qui nous laisse donc ses clefs, son piano électrique, sa cuisine, son salon donnant sur une cour d’école, sans même être là. Des années de Cartes Orange accrochées au rideau de la cuisine, une fenêtre creusée dans le mur de cette même cuisine, des boîtes de thés par dizaines et le percu qui s’emballera en martelant le plan de travail. Nous repartirons en laissant les lieux comme nous les avons trouvés, à l’exception d’un exemplaire de l’album posé sur la table basse.

Il y a des gens qui entrent chez vous pour jouer de la musique pendant que vous êtes au bureau. Vous n’en saurez rien, jusqu’à ce que la vidéo apparaisse.

Mission deuxième, réussir à jouer sur un des pianos des hôtels de prestige du quartier voisin de la Tour Eiffel. Quelle aventure prestigieuse ! Parcourir ces larges et tristes avenues, longer on ne sait plus combien de verrues architecturales, pénétrer timides ces hôtels encore décorés comme sous Pompidou, échouer… On fera une pause pour un morceau nerveux sous des cerisiers en fleur, on réessaiera, puis nous nous poserons à cause de Mélanie Douthey.

Elle était de l’autre côté du pont, elle avait un gros appareil photo à la main, et elle ressemblait vraiment à Mélanie Douthey. Nous, de l’autre côté, émoustillés comme une adolescente qui croirait voir Justin Bieber de l’autre côté d’une vitrine Gap, on a décidé de ne plus bouger. Pas de piano, une valise posée sur le sol mouillé, de l’énergie pour couvrir le bruit de la circulation. Une belle rigolade en plein milieu. Et non, ce n’était pas Douthey, c’était une photographe. Elle était bien belle.