Petite entorse à cette habitude de faire une rétrospective tous les 2 ans (toujours une bonne excuse : pas le temps, pas envie, etc.). Avec du r’n'b, du son qui bouge et des images qui parlent d’elles-même. Après les carabiniers certes, mais dans un rétroviseur doré.
Les deux font la paire
La première m’a fait de l’oeil chez Gibert au rayon improbable R’n'B. A la vérité, j’avais déjà écouté son album une bonne vingtaine de fois sur Spotify et il fallait m’y résoudre : ce roman d’aventures en musique post-moderne, cette superproduction (bande-annonce ci-dessus) n’allait pas me lâcher des six mois de l’année 2010 qui restaient. La magie Monáe a donc fait son effet et s’est hissée assez rapidement dans le palmarès des meilleurs moments musicaux de l’année passée.
Lindstrøm & Christabelle – Lovesick by feedelity / Lindstrom
J’ai guetté la deuxième tête de pont de cette rétrospective plus tôt dans l’année et j’ai acheté Real Life Is No Cool les yeux fermés car comme Furtif à l’époque, le précédent album en solo de Lindstrøm m’avait bien remué. Surpris d’abord de ne pas retrouver exactement le même monde rétro-futuriste, le funk mutant de notre homme, dérangé par la sensualité de Christabelle, n’a fait que rendre l’addiction à l’oeuvre du Norvégien plus grande.
Dans ce face à face entre blockbuster US et petite machine scandinave, pas de compétition possible mais plutôt une saine complémentarité de la tête et des jambes – dans les deux cas.
Hommes seuls, musique de gènes
Entre biopic musical d’un créateur (Une Vie Saint-Laurent ), autofiction hantée par la (re)création (La Reproduction ) et chansons-personnages dans la droite lignée de ses précédents enregistrements (Courchevel ), trois chanteurs-musiciens d’ici sont à la fois autonomes (deux d’entre eux ne sont plus dans des majors, le troisième garde la main sur son travail) et au centre d’une certaine tradition pop française.
Alliant indépendance et (auto)biographie, les albums d’Alain Chamfort, Arnaud Fleurent-Didier, et Florent Marchet montrent que malgré la-crise-du-disque, il est encore possible de faire une oeuvre personnelle, exigeante et néanmoins populaire.
Revenants et autres personnages importants
Prins Thomas – Uggebugg (Original Version) by WeAreBlahBlahBlah
Complice de Lindstrøm, Prins Thomas s’est enfin lancé en solo sur la longueur et nous livre un parcours kraut-dance plaisant et frais comme ce “Uggebugg” qui se déplie irrésistiblement…
Shackleton – Fabric 55 – 30min excerpt by factmagLa sortie de ce mix de Shackleton chez Fabric a permis de (re)découvrir ses fragiles et inquiétantes rythmiques publiées sur son défunt label Skull Disco mais également des inédits à la pelle. L’homme n’a pas relâché son activité puisque c’est désormais sous l’enseigne, Woe to the spectic heart! qu’il publie ses plages, notamment le bicéphale et inaugural “Man On A String” – qu’on retrouve dans ce Fabric 55 .
Birth Of New Life (Drexciya) by Tresor.Berlin
Réédition bienvenue de deux fondamentaux de Drexciya par Tresor : Neptune’s Lair et Harnessed The Storm . Si vous n’avez pas encore fait connaissance avec cette techno aquatique des origines, plongez-y.
Daniel Lopatin, l’homme derrière Oneohtrix Point Never (dont le Returnal a été salué à juste titre), ne cesse de semer un peu partout sur la toile. Ici, un sample de l’infâme Chris de Burgh flottant dans ce qui ressemble à un générique de fin des émissions télévisuelles. Vous avez dit “hypnagogique” ?
- L’année écoulée a déjà été évoquée dans le Mercredix “Les disparus de 2010″
- Bandeau : Lindstrøm & Christabelle par Kim Hiorthoy





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