La Blogothèque

Antoine Reverb

Nous venions de faire huit heures de route dans un bus de nuit depuis Mexico, nous étions arrivés à l’aube à Guadalajara et nous avions pris le temps de nous poser chez Daphné, la cousine d’Art, puis d’ingurgiter un énorme et délicieux petit déjeuner à la terrasse d’un restaurant bien cosy. Nous voulions profiter du calme surprenant de cette ville de quatre millions d’habitants, à des lieues de l’effervescence de la capitale, avant de retrouver les Antoine Reverb.

Ils n’ont pas brusqué notre relative indolence, leur musique s’accordant curieusement avec l’atmosphère un peu endormie de la ville, leurs chansons évoquant ce qu’auraient pu produire Galaxie 500 sous antidépresseurs ou Belle and Sebastian en overdose de Prozac… Un premier morceau dans leur local de répétition, en guise d’échauffement, un autre dans une fontaine vide et ce moment intermédiaire, au gré de nos ballades dans le quartier Americana, dans un magasin d’antiquité. Au milieu des babioles usées et des poussières, ils ont joué une chanson un peu tendue, élégante et précieuse dans son énervement raisonnable et appliqué. Art les a laissé jouer et s’est faufilé entre les objets aux âmes anciennes dans les recoins sombres du lieu.

La bande-son était parfaite, on aurait pu se croire, l’espace de quelques minutes, dans un des premiers films de Wim Wenders…