La Blogothèque
Concerts à emporter
#116

Enrique Morente

On dit que les génies quittent ce monde comme ils y sont arrivés : sans prévenir, et en avance sur leur temps. Il était trop tôt pour un artiste comme Enrique Morente, parti à 67 ans en laissant plus de mille chansons derrière lui. Il se définissait comme l’apprenti du ‘cante’. Un apprenti qui finit par devenir une légende. Le créateur d’un genre exigeant de la scène du flamenco.


 
Depuis son premier album, en 1967 (Cante Flamenco), il a toujours été considéré comme celui qui aura mené la modernisation du ‘cante’, adaptant par exemple les poèmes de Miguel Hernandez, de Garcia Loca et Lope de Vega. Ce renouveau a donné, de nos jours, des collaborations avec des groupes comme Sonic Youth, des artistes comme Léonard Cohen, ou même des albums expérimentaux comme ‘Omega’ avec le groupe Lagartija Nick, dans lequel il a prouvé que le Flamenco ne connaissait pas de frontière, et pouvait atteindre le fond des âmes les plus avant-gardistes et expérimentales.


 
Qui est ce Français ? me demanda Morente au téléphone. Il ne fut pas difficile de lui faire comprendre la raison de notre rencontre, qui eu lieu le même jour que le tournage, à Grenade. La curiosité naturelle de Morente le poussa à venir, avec sa femme Aurore et l’une de ses fuilles, Solea. Nous les retrouvâmes dans ce lieu magique de Grenade, ‘Le Bañuelo’, des bains arabes du XIe siècle. Ne sachant pas ce que c’était que de se faire filmer aussi spontanément, sans répétition, sans contrat, mais conscient que cela supposait un mode de communication nouveau qu’il n’entendait pas rater. Il conclut son coup de fil en me remerciant de ‘garder un oeil’ sur lui. Après une longue carrière, peut-être était-il un apprenti, un apprenti d’une ‘nouvelle vie’
 
Merci Enrique pour ta curiosité, ta gratitude, et pour ton message, qui donne sens à toute chose en nos vies.

Jose Rodriguez,Pepe Garcia, Clara Saiz. (Réalisateurs madrilènes)