La Blogothèque
Concerts à emporter

Onda Vaga

Il était une fois une tripotée de musiciens, tous issus de la scène underground de Buenos Aires, qui se croisèrent à Cabo Polonio. Cette vieille ville de bord de mer sans électricité, sans eau courante, les a réunis sous sa coupelle acoustique, qui deviendrait vite leur style, leur esthétique, leur signature.

Onda Vaga est né en plein été, pieds nus, à jouer devant des faux de camps, à chanter ensemble, fort, pour tenter de convaincre la lune de sortir et le soleil de ne pas quitter ce petit coin de terre où les deux pouvaient être vus en même temps durant la pleine lune de janvier.

Onda Vaga, c’est l’adolescence, le camping, les fêtes sur les toits, les amis partageant des chansons et des cieux, mais aussi un carnaval, l’énergie libérée par un rituel ancien qui a pris place à toutes les époques, et sera revisité mille fois encore. Il y a une certaine sagesse dans la perte de conscience, dans les danses suivant leurs matras, dans ces trompettes, ces trombones, et ces fêtes qui durent jusqu’au retour du soleil. Ce que les ennuyeux (ou les jaloux) adultes décrivent comme paresseux (vago)

Vincent les a filmé par une chaude après-midi. Ça a commencé dans une maison, terminé dans un parc au coucher du soleil. Ils descendaient les rues de mon quartier en ce moite mois de février, chantant fort, partageant leur optimisme acoustique avec les piétons, “un pour tous, tous pour un”, comme de joyeux mousquetaires. Et je réalisais que peu importe, du sable ou du goudron sous leurs pieds, des coquillages ou des embouteillages sur leurs rivages, ils ont l’été dans leurs yeux, et ils le partagent avec le monde.

Trouvez une place autour du feu, ou à l’un des croisements du voisinage, en haut de cet arbre, ou dans ce refuge en haut de la montagne, préparez vous à embrassez l’enfant en vous, votre vielle âme, soyez libres. Soyez un Vago.

Carla Sanguineti.