La Blogothèque
Concerts à emporter

John Grant

Nous n’avions qu’une histoire belle et triste, les chansons magnifiques qui en été nées, et l’image floue d’une pochette de disque. Nous attendions John Grant, nous nous faisions des films.

Il était à peu près comme tous les autres, tous ceux que nous croiserions ce jour là. Grand, barbu, un bonnet sur la tête, un pass autour du cou. Sauf qu’il souriait, qu’il ne cessait jamais de sourire, qu’il était plus grand que nous et nous souriait. Il était un Américain qui nous parlait en Français, le genre à te parler et te faire rire avant même de t’avoir serré la main, à te raconter des histoires comme si tu étais un vieil ami qui lui manquait. Tu lui laisses la parole, tu te laisses porter, te surprend à lui demander d’autres histoires. Il y a cinq minutes tu ne le connaissais pas et tu regretterai presque de lui demander de jouer.

Mais en fait non. Bercé par sa gentillesse, tu avais oublié qu’il était massif, et tu te prends sa voix comme un coup, d’autant plus déroutant que tout aussi puissante soit-elle, elle t’apparaît surtout douce.

Et voilà donc un homme qui te fait une blague, chante une chanson déchirante, boit une gorgée de coca, te refait une blague. Un grand barbu qui se faufile dans une brocante trop petite pour lui et se surprend lui même à arrêter les passants de l’autre côté de la rue quand il finit sa chanson.

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