La Blogothèque
Concerts à emporter

Golden Isles

S’il est une qualité indisputable propre à tous les enfants, c’est bien leur capacité à rejeter tout ce qui n’est pas sincère et amusant. Quand vous vous retrouvez nez-à-nez avec un môme de 7 ans dans un parc, vous êtes dès lors son territoire, et vous devez obéir à ses règles. Il n’y a pas de place pour l’apathie et l’ennui dans un esprit peuplé de créatures et de paysages imaginaires. Ce qui a bien arrangé les membres du groupe Golden Isles qui franchirent la grille du Dufferin Grove Park à Toronto sans avoir à se soucier de ce genre de bagage bien encombrant.

On a commencé avec Lucas, puis Mya et Zadie ont vite trouvé comment faire rugir le lion en Adam, le chanteur du groupe, qui s’est échappé du tournage pour les poursuivre à travers le parc. Des cris de joie suivis d’un concours d’imitations des plus féroces créatures de la jungle, et ce fut ensuite à celui qui tiendrait le plus longtemps en équilibre sur les mains. Le reste du groupe quant à lui peaufinait leur version acoustique de « Love Life » que nous avions décidé de tourner dans une espèce de maison de hobbit que les gens du coin appellent le Cob .

Changement de décor radical, puisque c’est un énorme supermarché, le véritable paradis du discount, que nous investissons pour la seconde chanson, essayant d’insuffler un peu de vie parmi les clients qui poussent leur chariot.

Ayant échappé de justesse à un véritable commando d’agents de sécurité, nous nous amusons des regards vides et de l’absence totale de réaction des gens face à ce genre de performance spontanée. Puis nous récupérons les instruments, comptonsles présents, et retournons au parc, à l’abri, où l’herbe est plus verte et les esprits plus candides.

Texte par Derrick Belcham – Traduit par Nora