La Blogothèque

Ocean Mist (Panda Beach)

Initialement publié dans son beau chez lui, Kill Me Sarah nous fait l’amitié de reproduire ici-même sa jolie découverte.

Elle dit Les chansons parlent de pandas. Les chansons parlent de plages.
Elle dit J’espère que les pandas savent nager. Moi je ne sais pas. Elle dit Je ne suis jamais allé sur la plage.
Elle dit Jakarta sud. Indonésie. Elle ne dit rien d’autre.
En dehors de la part de mystère.

Elle s’appellerait Ebi. Ebi Nasution.
Les chansons auraient été enregistrées sur un téléphone portable. On se demande si l’histoire est vraie. Mais après tout, qui se soucie de la véracité des faits. Est-ce que l’émotion doit être factuelle?
Pour une fois, juste écouter la musique, la voix, les quelques notes de guitares, sans savoir qui, quand, où, quoi.
On aime les chansons ça suffit. Elles nous touchent. On veut toujours en savoir trop. Ça brise le charme.

Le disque existe à peine. Voire pas du tout. Quelques chansons regroupées sur un EP virtuel avec une image aux couleurs passées en illustration. Il traîne comme ça depuis fin 2009. Il fallait le ramasser avant que les vagues ne l’emmènent.
Le disque existe à peine et c’est un peu dommage. On l’imaginerait bien sur un joli vinyle 25cm (les anglos-saxons diraient 10 pouces).

On pense à la délicatesse d’une plume se posant sur un piano. On pense à un filet de vent dans quelques feuilles mortes. On pense au bruit des vagues au loin. A un vieil écho de bossa exilée. Une fragilité. On pense à la beauté d’une veine sous une peau diaphane. Des morceaux de rien balayés par le vent. Un moment d’apaisement, loin de tout.

On pense à des voix qu’on veut garder juste pour soi. On pense à Sibylle Baier. On pense aussi en plus doux, à Liz Harris de Grouper. On pense à un rêve, à une silhouette imprécise et belle. On pense à la brume. On pense à l’écume. A des plages de l’atlantique sous un soleil d’automne un peu trop froid. On en frissonne. On pense à soi. A son propre histoire. On pense au rêve.

On se prend à remettre le disque au début pour ne pas voir la brume s’évaporer et rester comme ça, encore quelques instants dans le flou.

Il ne semble pas y avoir d’autres traces de Panda Beach ailleurs, en dehors d’une ou deux autres chansons supplémentaires sur son espace. Il n’y en aura peut être pas d’autres. Les rêves sont souvent imprévisibles.

(On peut télécharger gratuitement cet EP en totalité chez Nature Film qui a participé à sa publication.)