La Blogothèque
Concerts à emporter

MIDI Festival 2010

Est-il plus facile de prendre des risques, d’oser une programmation défricheuse et expérimentale quand on organise son festival sous le doux soleil de Hyères, quand le-dit festival est intime, convivial, qu’on y est si bien que nos oreilles y sont plus bienveillantes que nature ? On pourrait le croire, tant le Midi Festival aime chaque année inviter des groupes qui viennent juste de cracher leur premier accord, d’autres qui impressionnent par leur radicalité ou leur goût de l’expérience. On n’y a pas vu Animal Collective ou Girls des siècles avant les autres pour rien.

Vu qu’on aime le vent d’été, l’odeur des pins, les jupes légères et découvrir des groupes, et sachant qu’on avait une caméra et des gens derrière, nous sommes allés documenter tout cela. On vous traite bien, d’ailleurs, avec trois reportages ET Concerts à emporter.

Les acouphènes de grillons nous ont accueillis dès le premier jour, sous le soleil de cette fin juillet. Nous découvrons l’espace, la configuration et l’esprit paisible qui règne à la Villa Noailles, dominant Hyères et la Méditerranée. secouons la tête sur Fergus & Geronimo.

Le deuxième jour, où nous ne savons pas s’il vaut mieux sourire ou pleurer face à ce vent, la pinède bruisse dans les rafales. Lorsque le soir tombe enfin, c’est pour nous tournebouler avec sans aucun doute le concert le plus intense de ce Midi. WU LYF, ces mystérieux Mancuniens, jeunes, enthousiastes, venus avec sœurs, copines et potes en van pour le week-end, pour leur premier concert hors de Grande-Bretagne. Ce que ne raconte pas le film, c’est l’approche d’un groupe rétif à toutes les images, à l’exposition, mais au final, adorable d’enthousiasme et de fraîcheur. Ce qu’il ne raconte pas non plus, c’est l’excitation de les tourner en Concert à emporter… ou presque. On a été à deux doigts de les emmener marcher dans la pénombre pour happer les derniers spectateurs. Les micros étaient prêts, le chanteur paré à redonner de sa voix puissante. Et puis, non, trop tard, trop fatigués. On les comprend. Tant pis, ce n’est que partie remise, il demeure le souvenir le plus impressionnant de ce festival.

Le troisième jour, jour du farniente, des corps alanguis à l’ombre, se laissant bercer par la quiétude des lieux. Une fin de festival où se mélange l’amour de la bière et du tatapoum de Clara Clara.

Nous avons tout de même tourné quelques Concerts à emporter sur place (on ne se refait pas). Le premier jour avec les Texans de Fergus and Geronimo, qui ne furent pas timides bien longtemps et nous entraînèrent dans une course chaotique dans les rues escarpées du vieux Hyères.

Les Mina May étaient les garçons du coin, le petit groupe local. Sauf qu’ils avaient bien plus à donner, portés par une voix incroyable, qui rappelait par moments celle d’Alec Ounsworth des Clap Your Hands Say Yeah.

The Strange Boys, eux, ont bu avec nous. Puis ont décidé de faire les cons en nous traînant dans les toilettes. C’est malin.