La Blogothèque
Autour du monde
avec le soutien du CNC

Parlovr

Vous n’avez pas le temps de penser à grand-chose. Vous n’êtes en ville que pour quatre jours, vous voulez tourner le plus de groupes possible, sans pour autant vous sentir à l’usine. Vous cherchez les contacts, récoltez les conseils à gauche, à droite, marchez certaines fois au coup de coeur, d’autres à la confiance absolue dans les mots d’un ami, vous cumulez les rendez-vous, et vous arrivez sur un tournage en n’ayant d’autre choix que vous abandonner à vos premières impressions.

Voilà dans quel état nous étions quand nous avons rencontré Parlovr à Montreal. Nous ne savions pas à quoi ils ressemblaient, nous savions à peine qui nous allions rencontrer. Tout ce que nous avions en tête, c’était une bonne réputation, et deux chansons puissantes, lyriques, un chant investi, parfois possédé qui nous laissaient espérer une après-midi d’intensité.

On aurait pu s’imaginer les Parlovr comme des gars sérieux, investis, farouches, surjouant la hargne contenue de leurs morceaux. On aurait eu tort : trois gars avachis sur un canapé, nous proposant des bières, heureux de glander au soleil perçant la baie vitrée de leur studio, et prêts à aller rire et faire les cons.

Au final, passer trois heures avec le trio nous aura permis de mieux déceler la finesse avec laquelle ils se jouent, sur leur album, des clichés de la scène montréalaise. Une musique qui au premier abord reprend toutes les recettes locales, chants furieux, instruments tous lancés en avant comme un énorme cri.

Mais des chansons plus facétieuses qu’il ne semble, se jouant des codes, se moquant d’elles-mêmes. Surtout une musique jouée avec plaisir. Devant des usines désaffectées, dans un vieux tunnel, avec un conseiller municipal passant par là…


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