La Blogothèque
Concerts à emporter
#105

Mumford and Sons

Comme un retour quelques années en arrière. Attendre assis sur le trottoir, devant la Flèche d’Or, un jour de beau soleil (oui, oui). Voir Moon débarquer avec deux gros sacs sur le dos. Aller rejoindre un groupe qui jouera le soir même, et avec qui nous n’aurons qu’une petite heure. Sympathiser tout en préparant les micros, traduire leur chanson en Français, puis angoisser.

Moon se préparait, et moi j’étais là, la tête dans les mains, à essayer de trouver un endroit assez proche où nous nous n’aurions jamais tourné. Les Mumford étaient adorables, essayaient de m’aider. Le tunnel ? Déjà fait avec Ramona Cordova et Menomena. L’église ? Avec Vandaveer et Loney Dear. Le café en bas de la rue ? Avec Eagle Seagull et J. Tilman. Il y a bien ce passage un peu plus loin, dont la porte est entrouverte. Johnny Flynn débarque, il accepte d’accompagner le groupe. On lui pose un micro, on n’a plus beaucoup de temps, nous partons.

Tout reposera ensuite sur la joie, l’enthousiasme et la décontraction so British d’un groupe dont la puissance se nourrit d’un plaisir évident à jouer. Sur une musique étrange, une musique de transport quasi religieux, pastorale et fervente, qui s’est abreuvée de dizaines de folklores différents. Sur un Johnny Flynn qu’on avait embarqué là sans presque lui demander son avis et qui improvisera ses parties de violon comme s’il avait élevé ces chansons qui n’étaient pas siennes. Enfin sur cette jeune femme qui nous ouvrira sa porte, sa cour, et pour qui les Mumford chanteront en Français. “Réveille mon âme…”. C’est peu dire.