La Blogothèque
Soirées de poche
#16

Fool’s Gold

Il est bien tard, le public est déjà reparti, les musiciens de Fools Gold sont sur le point de remballer leurs affaires. Juste avant de ranger son instrument, l’un des percussionnistes tapote un petit rythme. Un autre l’arrête, lui demande de le refaire et enchaine par dessus. Tout était presque rangé (les caméras l’étaient, en tout cas) et en quelques secondes, les guitares sont rebranchées, la pulsation est repartie, la musique reprend. Les Fool’s Gold jamment une dizaine de minutes pour les quelques heureux insatiables qui sont encore là. Comme si les échos qu’on avait en tête ne suffisaient pas, comme si on était pas déjà suffisamment électrisés par leur belle prestation.

Pour en arriver là, ça avait commencé dès l’été dernier : on avait fait des pieds et des mains pour attirer les Fool’s Gold dans nos filets. On allait programmer quelques concerts dans une nouvelle salle parisienne et on les y voulait. Ça ne se fit pas. Lors de leur premier passage parisien, on réussit à les emmener en goguette pour un concert à emporter, mais hélas, il arrive que la magie ne fonctionne pas et nous n’étions pas très heureux des rushs. Deux rendez-vous manqués, donc.

Et puis, on avait lu quelque part que le groupe avait commencé en jouant dans des parcs et à des anniversaires, loin là-bas sous le soleil de Los Angeles. L’idée d’une soirée de poche s’était installée naturellement mais elle ne refit surface que bien plus tard.

Cela se débloqua en quelques heures comme d’habitude. Le temps de trouver une colocation de 8 personnes vivant dans un beau grand loft et pas spécialement inquiet à l’idée de faire beaucoup de bruit un dimanche soir, puis de dégotter les enchanteurs Kouyaté & Neerman pour embellir encore plus la fête. Ils furent magiques, eux aussi. C’est Kouyaté, qui n’en revenait pas qu’un blond américain puisse sonner aussi malien dans son jeu de guitare, que vous verrez à la fin du film revenir jouer de son balafon avec les Californiens.

Ce soir-là, incapables de trouver le sommeil, on avait bien l’impression que l’été durerait toujours et qu’on le danserait jusqu’au bout.