La Blogothèque
Concerts à emporter

Horse Feathers

Horse Feathers, c’est le genre de groupe talentueux et sans prétention qui renouvelle ma foi en la capacité qu’a la musique à gonfler les voiles, en toute simplicité et avec une force surprenante.

Après un rendez-vous manqué à Toronto pour cause d’embouteillage excpetionnel sur la route 401, on avait décidé avec Justin de se retrouver à Brooklyn près d’Union Hall. Ce jour-là, le temps était taquin, car malgré une pluie battante, le soleil ne s’arrêtait pas de briller. Prospect Park est un choix plutôt évident pour ce genre d’aventure, une sorte de pont entre culture parisienne et new-yorkaise, puisque la Soldiers and Sailors Memorial Arch de John Duncan, qui encadre le lointain Empire State Building, fait clairement référence à l’Arc de Triomphe parisien.

Quelques amis se joinrent à eux pour interpréter « Spring Thistle » – un collègue violioncelliste pour Catherine et un très enthousiaste fan d’Abba pour Justin – et rendre hommage à un printemps flamboyant.

Plus tard, nous nous enfonçâmes dans le parc pour fuir le bruit de l’Eastern Parkway et nous installer dans une alcôve humide de feuilles, de mousse et de branches menaçant à tout moment d’engloutir le violoncelle de Catherine et faire exploser l’hygromètre de Nathan. Une cymbale fut délicatement attachée à un morceau d’écorce posé contre un arbre, et le corps creux de la valise années 40 de Sam servit de floor tom improvisé. La combinaison fut heureuse, le résultat de toute beauté.

Il fallut bientôt partir, quitter notre abri tranquille pour finir la journée à Flatbush, sur les marches d’une maison à la Cosby Show, se demandant si Theo Huxtable pouvait nous entendre de la fenêtre de sa chambre, et si l’enthousiasme du groupe lui faisait apprécier pour une fois d’être privé de sortie. Enfin, nous nous quittâmes, moi la tête pleine de mélodies, tous convaincus d’avoir réussi à chasser les nuages.

Ecrit par Derrick Belcham

Traduit par Nora Bouazzouni