Il y a maintenant bien longtemps, dans des temps très très anciens, les mp3 blogs n’étaient qu’une fraction marginale de la prescription de disques. Puis les artistes ont commencé à s’y intéresser, suivis des maisons de disques, et enfin les sociétés de droit d’auteur. En Irlande se déroulent des négociations intéressantes qui pourraient avoir une influence sur le devenir des audioblogs en général. C’est ce qui introduit nos nouvelles Têtes de lecture, également composées de rap somalien, de vinyles au microscope, de Discogs, de Dylan et de quelques autres suggestions dont il convient de bien profiter, au calme. Bonne lecture.
Cash machine
Les blogs musicaux irlandais doivent payer. La société chargée de récolter les revenus de diffusion des artistes (l’IMRO, l’équivalent de la Sacem) mettait en demeure les audioblogs de régler eux aussi pour la diffusion de titres. Réaction consternée des blogueurs, qui soulèvent plusieurs contradictions dans la démarche.
Une réunion a eu lieu hier entre quelques-uns des blogueurs les plus impliqués (et pas des moindres) et la société de perception des droits. Le compte rendu, laisse apparaître une IMRO loin d’être arc-boutée sur des principes obsolètes. Elle ferait même preuve d’un esprit de conciliation assez intéressant. Fait notable, il est même évoqué une réflexion sur une licence ad hoc, prenant en compte les spécificités des mp3 blogs.
– to see if there is a possibility to introduce a non-commercial licence which would cover non-commercial blogs and sites (Darragh and Shane for example).
– to see what kind of solutions can be reached in terms of online licensing in future.
Si une telle licence voit le jour, et qu’elle gagne par capillarité les autres pays, le mp3 blog tel qu’on le connaît depuis six ou sept ans, disparaitra. D’ailleurs, les solutions évoquées (arrêt de la mise à disposition du fichier, passage à des outils de streaming) sont déjà en partie utilisées par de nombreux blogs.
Cette possibilité de licence n’en demeure pas moins pleine de questions, mais l’existence même d’une réflexion à ce sujet par une société de collecte des droits d’auteur est une nouveauté.
Mon nom est personne
La crise de l’industrie musicale touche absolument tout les maillons de la chaîne, y compris les patronymes de groupe. Il y a quelques semaines, le Wall Street Journal en faisait le constat : tous les noms de groupes sont déjà pris, ou tout du moins les plus compréhensibles. L’originalité et le nonsense sont désormais indispensable pour se démarquer, ressortir dans les moteurs de recherche et, par extension, éviter tout conflit juridique.
Exit Through The Gift Shop Door, un groupe britannique, a d’ailleurs reçu pour 300 000 dollars de dédommagement, après avoir accepté de changer de nom. D’accord, il s’agissait là de répondre à une demande de Banksy lui-même.
Aime tes groupies
Les artistes ont tout intérêt à développer le rapport à leur public. C’est la thèse de Don’t believe the hype, qui tente de le démontrer, exemples à l’appui (Trent Reznor, Amanda Palmer – qu’on évoquait ici – entre autres). Il faut donner de sa personne et ne pas avoir peur de se lancer dans le vide. Le jeu en vaudrait la chandelle.
Mais en se faisant connaître, en créant sa base fans, en leur donnant quelque chose qui avait réellement de la valeur (et qui lui plaisait), il a crée un business model qui a marché.
(les sources des chiffres sont disponibles).
De la surabondance des albums
En 2010, on en est encore à refaire l’histoire des meilleurs albums des sixties, des groupes cultes oubliés qui-aurait-pourtant-leur-place-au-Panthéon-rock et des classements à n’en plus finir. Mais le rassemblement autour de totems musicaux est en voie de régression, de disparition. En cela, cette décade des noughties s’est retrouvé fragmentée, éparpillée à une échelle jusque-là inconnue. Au point d’avoir du mal à partager les mêmes écoutes. Simon Reynolds, du Guardian , analyse cet état nouveau, prenant comme exemple les rétrospectives des dix dernières années publiées par Pitchfork et l’équipe de feu Stylus.
Le rap en Somalie
La situation actuelle de la musique en Somalie est difficile, et c’est peu de le dire. Un blog regroupe plusieurs articles et dépêches d’agence consacrés au sujet ces derniers mois. La survivance difficile du rap contestataire dans ce pays (et surtout à proximité de ses frontières); l’héritage culturel, l’existence précaire et menacée des radios musicales : un panorama triste du pays.
Discogs, place du marché du vinyle
Resident Advisor s’est intéressé à Discogs, source précieuse de vérification discographique, et à son économie. L’article vaut moins pour la description du site – déjà largement connu – que pour le volet consacré au marché du disque qu’il héberge derrière sa fonction première de base de données. Un marché ayant connu un croissance exponentielle en quatre années, qui a obligé les boutiques et revendeurs à s’adapter, le volume de disques échangés n’y étant pas pour rien.
Et si votre esprit curieux a été titillé par cette phrase: «Its growth hasn’t all been a smooth ride, however, as Lewandowski and his team came under fire in 2008 because of a number of changes that were made to the site’s contribution process.»
, précipitez-vous sur un article très complet, publié dans Trax
de décembre 2008, qui se penchait sur la genèse du site et les tensions nées de l’évolution relativement opaque de son fondateur.

C’est beau et c’est synthétisé ici.
Dis-nous, dis-nous Dylan…
Dylan ! Dylan brisé, Dylan martyrisé, mais Dylan libéré… En 1975, le Zim enregistre le disque de la rupture, du divorce – autant personnel que musical. Trente-cinq ans plus tard, Blood on the tracks
a été l’objet d’une littérature conséquente, d’exégèse qu’on ne réserve d’ordinaire qu’aux manuscrits de la mer Morte, comme le relève PopMatters. Le site y consacre un épais dossier, bourré de témoignages et d’analyses sur la lettre et l’esprit du disque, s’attachant à la fascination dont il est le sujet.
Blood on the tracks
, métaphore d’une journée où la conscience d’être seul se révèle.
The album purportedly chronicles the dissolution of his marriage to Sara Lowndes, and while the album is a rather naked display of emotions, it never sounds as though the emotions expressed are Dylan’s. To the contrary, Dylan functions as a storyteller rather than a confessor and as such he vividly tells stories of various love lives without ever sounding as though he is telling the story of his own.
Mais que fait la police ?
Cooper Black est présente sur Stakes is high de De La Soul, vous la connaissez certainement si vous avez l’album chez vous. A moi aussi, ça ne disait pas grand-chose : ni ghost track , ni alternate take , il s’agit de la typo utilisée sur la pochette. Rockthatfont s’est piqué de développer de petits billets sur les polices typographiques utilisées sur quelques fameuses covers de la musique. C’est à lire en parallèle de Hard Format, dont on vous parlait il y a trois mois.
- Se replonger dans les précédents Têtes de lecture.






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