La Blogothèque

Gevende

Il est lundi, 15h, nous venons de traverser un marché aux poissons avec Baba Zula, et nous n’avons toujours pas de nouvelles de Gevende, que nous aurions aimé filmer le soir même, alors que nous partons le lendemain.

Au final, coup de fil inespéré de leur manageuse : elle a arrangé un rendez-vous avec le groupe à 20h dans un bar près de Tunnel. Elle ne nous en dit pas plus, elle ne leur en a apparemment pas dit plus non plus : lorsque nous arrivons dans le bar, ils sont là, mais ne savent pas pourquoi nous voulons les voir.

Une demie-heure plus tard, on ne sait toujours pas s’ils ont bien compris, mais les Gevende ont en tout cas envie de jouer de la musique. Le batteur nous invite dans son appartement, juste au dessus. ‘C’est le souk, mais il y a des instruments, on verra bien’.

Ils s’installent, ils s’amusent. Le trompettiste n’a pas de trompette, qu’à cela ne tienne, il prendra l’accordéon. Le chanteur improvise des raps dans une langue imaginaire. Et lorsque nous leur demandons combien de temps va durer le morceau qu’ils vont nous jouer, la réponse est la plus surprenante qu’on ait jamais entendue : ‘On ne sait pas. On en sait autant sur ce morceau que vous’.

Silence… ‘On va improviser’.

Ce qu’ils ont fait, magnifiquement. Ils n’ont pas improvisé un exercice de style, ils ont écrit une chanson à la volée, qui commence calmement, explose, et nous a d’autant plus renversés que nous ne savions pas à quoi nous attendre.

Plus tard, en les laissant dans la rue après d’autres improvisations sans instruments, nous laisserons les Gevende, sans bien comprendre ce qu’ils font. Mais en les trouvant à coup sûr fascinants.