Alors que je composais le Mercredix précédent, patiemment, au gré de mes recherches, rapidement s’imposa l’idée que je n’allais pas pouvoir circonscrire tout cela en une seule playlist. Bien sur, les rushs font partie du métier ; évidemment il n’est pas normal de laisser des dizaines de morceaux pourtant éligibles en rade. Mais ma première playlist ne laissait que trop peu de place à la légèreté et aux digressions sonores. Voici donc sur un thème identique, beaucoup moins de sérieux et, j’espère, pas moins de plaisir à l’écoute.
Pour écouter cette playlist, cliquez sur Spoti… Ah non c’est là :
1 – Buck 65 – « January »
Buck 65, le bûcheron du Grand Nord, le Tom Waits des MJ. Le type qui, fraîchement débarqué à la Route Du Rock, remplaça au pied levé un groupe déjà oublié et qui, d’un coup de scratch, d’un jet de micro, renversa toutes les vérités établies et effaça toutes les frontières. Blanc-Noir, HipHop-Rock, plus rien n’avait de sens.
2 – Architecture in Helsinki – « One Heavy February »
Interlude ludique au titre trompeur, « One Heavy February » est sans doute mon titre préféré de Architecture in Helsinki, aussi stupide que cela puisse paraître. Comme une blague Carambar dont le souvenir continue, des années après, de nous amuser. Ça ne voltige pas haut, ça n’a pas grande prétention, mais qu’est-ce que c’est amusant.
3 – Lion – « Kalenda March »
Halte-là, Ayatollah du Mercredix ! Je sais que « march » est utilisé ici dans un sens qui contrevient à notre thématique. Et sache que cela m’est grandement égal, tant j’ai plaisir à nous infliger ce calypso rayonnant dont les cuivres et les cordes parviendront, j’espère, à dérider ton petit front de troll.
4 – April March – « Chick Habit »
Un bon récidiviste récidive dès sa sortie de prison. À peine remis de l’entorse précédente, voici donc que je salis cette sélection avec un titre aussi éloigné de notre thématique qu’une croûte de fromage peut l’être d’une analyse post-électorale émise par un porte-parole de l’UMP (quoique). Mais avec un nom pareil, la Californienne ne pouvait échapper aux griffes de cette playlist.
5 – The Mandrake Memorial – « Rainy May »
Petite bombe à retardement, ce morceau de Mandrake Memorial aura sommeillé des années dans les confins de mon disque dur avant de m’exploser enfin à la tronche. J’y vois une ode à la paresse, au mid-tempo, aux ascenseurs, au trip en dessins animés et à ma voix affreuse qui ne peut s’empêcher de faire la preuve de son incapacité à chanter correctement la moindre mélodie un tant soit peu attirante.
6 – Ernest Ranglin – « Love is loving June »
Ô que j’aimerais siroter un cocktail sur une plage de Jamaïque, avec, au coin au bar, le grand Ernest Ranglin pour souligner de sa guitare la vacuité de mes pensées. Ô que j’aimerais ne pas même me rendre compte de sa présence et, dans un effort neuronal intense, avouer à mi-voix « C’est sympa, cette petite musique exotique. Ha, zut, mes glaçons sont déjà fondus ».
7 – Sufjan Stevens – « Christmas in July »
Youhou ! Sufjan est là ! On va pouvoir sortir la vodka, se rouler des joints, manger des pizzas à minuit et sauter dans la piscine tout habillé. Ou pas… OK, d’accord. Sufjan est bien trop sage pour un mois de juillet, je vous le concède. Mais il faut le comprendre, le pauvre garçon n’a sans doute jamais mimé un solo de Slash pendant qu’Axl Rose rugissait comme une chamelle égorgée ; il ne sait pas que la vie est trop courte pour être prise avec sérieux. (Nous ne voyons pas d’autre explication).
8 – Herman Düne – « In August »
Je me souviens des Eurockéennes et d’Herman Düne mettant le feu à une tente quelque peu désertée. Je me souviens de m’être dit que, malgré leur aspect pas propre et une pilosité sans doute plus abondante que désirée, je me serais bien roulé au coin du feu avec les choristes. Que ça devait être chouette d’avoir une vie de bohème sans lendemain, sans qualification, sans avenir, sans RMI et sans domicile fixe. Et puis je suis aller acheter leur album avec ma carte Visa.
9 – The Lovers – « Come September »
Ce titre me rappelle les dessins animés que mon père projetait sur le mur du salon le dimanche après midi. Du super 8 qu’il accompagnait d’un disque de son choix. Gene Krupa, Luis Prima , Artie Kaplan, des solos de Lionel Hampton ou de la musique de big band. Il n’aurait pas pu choisir ce « Come September », puisque absent de sa petite collection. Et pourtant, ça aurait parfaitement bien accompagné l’action, soutenant avec justesse et sensibilité le propos complexe du dessinateur (Jerry échappant aux griffes de Tom et Tom finissant écrasé sous un rocher).
10 – Tunng – « October »
J’avoue que c’est depuis qu’ils ont repris une chanson de feu Soy Un Caballo que mon regard sur Tunng s’est fait plus bienveillant et amoureux. J’ai toujours apprécié leur musique et me suis souvent délecté de leurs disques (ceux que je possède). Mais depuis cette reprise, je les écoute sous un jour nouveau et plus bienveillant encore, je dois le reconnaître.
11 – Gorillaz – « November Has Come »
En parlant de dessin animé… (Cf. « Come September »). Je me demande ce qu’aurait choisi mon paternel pour accompagner les films animés de Gorillaz. Il aurait sans doute été quelque peu dépourvu. Il n’aurait sans doute pas trouvé de handclapping aussi décalés, de basse si bétonnée ou de rythmique si régulière pour accompagner les aventures des personnages de Gorillaz. Mais j’aurais été curieux de savoir ce qu’il aurait choisi.
12 – Oxmo Puccino – « Decembre 19.97 +1″
Et pour finir, une outro 100% hiphop français, sans paroles. Choix quelque peu cruel qui ne rend pas franchement grâce à l’un des meilleurs rimeurs que le rap français ait compté. Mais loin d’être uniquement un rimeur talentueux, Oxmo a toujours su se faire producteur ingénieux et s’accompagner de beat assassins. Il n’a sans doute pas su ou voulu trouver le flow pour cette petite boucle ludique qui se suffit à elle-même et conclut fort bien un Mercredix contrasté et, on l’espère, vaporeux.






Commenter