La Blogothèque
Concerts à emporter

Tegan and Sara

Ce qui est embêtant quand on tourne des Concerts à emporter à Montréal, c’est que de novembre à mars, il fait tellement froid qu’on ne peut décemment pas demander aux musiciens de jouer à l’extérieur. Heureusement, il y a de magnifiques endroits comme la salle Wilfrid-Peletier où Philippe et moi avions rendez-vous avec Tegan and Sara une après-midi toute grise.

Si on compte, c’est vrai qu’on a moins souvent tourné avec des femmes. Et quand c’est le cas, il s’agit souvent de chanteuses plutôt impressionnantes et qu’on imagine inaccessibles — à tort en général. Rien que pour ça Tegan et Sara sont rafraîchissantes. Déjà, on fait la même taille. Moquez-vous, n’empêche que quand on travaille dans la musique, qu’on est une fille, et qu’on fait 1 mètre 60, c’est pas tous les jours évident. Et puis elles sont souriantes, avenantes, pas timides (ça change) ni divas pour un sou. A peine cinq minutes après les avoir rencontrées, elles nous racontaient déjà des anecdotes de tournée qu’on n’ira pas répéter sur Internet.

Elles avaient préparé trois chansons. On ne se faisait pas de souci ; sans aller jusqu’à dire qu’elles sont “rôdées” à l’acoustique, ça n’est pas non plus un exercice nouveau. Surtout, on avait hâte de voir ce que donneraient les versions dépouillées de certaines chansons aux arrangements très électro sur Sainthood .

Pour le premier morceau, “Alligator”, on investit les sièges moelleux la salle où elles joueront le soir-même, et qu’elles ont surnommé l’ “Enterprise”, comme dans Star Trek. Et là, sans amplis, sans micros, leurs voix sont encore plus touchantes. Une fois la chanson terminée, si Ted, leur guitariste, est du genre très discret, Tegan et Sara en profitent pour se lancer des vannes. De vraies soeurs, quoi.

J’espérais secrètement qu’elles chantent “Feel It In My Bones”. Sur l’album c’est une collaboration avec Tiesto, donc très électro, et j’étais curieuse de voir ce qu’elle donnerait en acoustique. Il nous fallait de la réverb, on a trouvé notre bonheur près du salon vert, avec une hauteur de plafond démente. Il y avait des travaux juste derrière, mais comme par magie le marteau-piqueur s’arrêtait au moment où elles commençaient à chanter. Au final, une version acoustique qui colle des frissons, la réverb sur la voix de Tegan était impressionnante, presque religieuse, et puis ce couplet où elle a à peine le temps de reprendre sa respiration… Intense.

De retour dans la grande salle juste avant leur soundcheck, pour “Nineteen”, et puis on se dit à ce soir, elles toujours aussi souriantes, nous encore un peu remués.

[ENGLISH VERSION COMING SOON]