La Blogothèque
Concerts à emporter

Fiery Furnaces, Local Natives, Clara Clara: Route du Rock d’Hiver Off

Pour la collection Hiver 2010 de la Route du Rock à St Malo, on a emmené les Fiery Furnaces dans un bar de la vieille ville, on a fait tourner les Local Natives sur un manège puis sur la plage la nuit tombée pour finir au petit dej du dimanche matin avec Clara Clara.

Il y a une atmosphère bien distincte à la Route du Rock d’Hiver. La version été et ses souvenirs façon les pieds dans l’eau nous paraissent bien loin … C’est sans trop savoir qui nous allons pouvoir filmer que nous débarquons : la programmation est dense. Les XX recueillent évidemment tous les suffrages, mais nous apprenons au péage la triste annulation de leur tournée. Tant pis.
Un autre groupe sort du lot, les Fiery Furnaces, étonnants absents de l’histoire des concerts à emporter.

Vendredi

Nous arrivons à l’Omnibus, grande salle plantée dans une zone industrielle bien trop loin du joli et pittoresque centre ville qui nous intéresse. Un peu déconcertés, nous apercevons Eleanor, chanteuse des Fiery. Il est vite convenu qu’on se retrouvera à leur hôtel, après leur concert. Elle nous explique qu’ils feront l’exercice de style à deux, guitare sèche et voix.

Guitare sèche ? Ah oui, il faut qu’on trouve une d’ici là ! Nous arpentons les loges à la recherche d’un instrument à emprunter, passons le mot au gens que nous croisons, alertons la toile. En vain. La seule que nous trouverons finalement n’a que trois cordes. Merci, mais … on se débrouillera autrement.

On a enfin un peu de chance lorsque nous mettons les pieds dans un simple pub et que nous découvrons un lieu renversant. Le patron est adorable et au premier étage, une table et ses chaises sont creusés dans le parquet et laissent entrevoir le rez-de-chaussé entre nos pieds. Les Fiery s’y posent, les bières débarquent et les instruments aussi. Finalement, alors que nous nous attendions à une configuration calme et minimaliste, la cavalerie est lâchée. Le bassiste et le batteur, qui réquisitionne les pintes pour se façonner une batterie de verre, sont de la partie. La guitare est branchée. Le concert à emporter peut prendre une toute autre forme que celle que nous avions imaginée.

Samedi

Cela faisait quelques temps qu’on rodait autour des Local Natives, ces résidents de Los Angeles dont le Gorilla Manor est une des belles réussites du début d’année. Ecouter leur album au réveil en ce samedi matin grisâtre nous fait oublier la nuit passée à monter et mixer la vidéo des Fiery Furnaces. Musique d’un enthousiasme presque enfantin, un plaisir simple que nous étions curieux de voir réarranger en acoustique.

Avant même de les rencontrer, on savait qu’ils seraient enthousiastes. Pour preuve, leur twitter annonçait dans la journée : “filming for La Blogotheque in St. Malo today… psyched out of my mind for our take away shows! “. Et plus qu’enthousiastes, ils furent débordants d’idées, d’envies et de gentillesse. Et intenables. Nous voulions les emmener dans cette fête foraine près des docks de St Malo. Là, ils se mettent à courir de manèges en manèges. A peine le temps de demander l’autorisation du forain qu’ils grimpaient déjà dans le train fantôme ! Le tout dans un grand tumulte de bruits, de cris, de musique ambiante et de barbes à papa. Un peu incompatible avec le concept d’y jouer de la musique… En retrait de la fête, se tenait un manège plus calme. “Merry-go-round” se lancent les Local Natives les uns aux autres. Les enfants posés là voient donc débarquer le groupe qui prend d’assaut avions et chevaux pour harmoniser de concert.

C’était le début d’une magnifique session, qui se prolongera sur la plage, au crépuscule, sous une pluie légère et un froid saisissant. Puis pour se réchauffer, dans un bar du centre à nouveau bien accueillant.

Dimanche

Ce nouveau projet de Francois Virot avait emballé et fait danser l’Omnibus jusque 2 heure du matin la veille. Nous leur avions donné rendez-vous à 11h dans un café. C’est dire si nous nous demandions dans quel état ils arriveraient. Mais une fois quelques espressos ingurgités, tous étaient impatients. L’endroit nous plaisait bien, avec ce décor ultra chargé, et ses poupées partout sur les murs, ses affiches sur le plafond. Qui plus est, un piano était posé là et semblait accordé. Restait aux Clara Clara à être sacrement inventifs pour adapter leur répertoire tout en saturation au jeu de l’acoustique.

La prise de risque nécessaire en aurait sans doute rebuté plus d’un, mais François Virot connait bien l’exercice, et pour cause. L’énergie est là, chacun dompte ses nouvelles conditions, Amélie apprivoise son piano, Francois chauffe sa voix et Charles tweake son mini ampli basse.

Le lieu fait écho aux pubs des jours précédents. La lumière incertaine d’un soleil matinal remplace celle des néons. Un autre public aussi, journal en main, nous accompagne. Et des enfants, qui s’essaient aux instruments posés là. A l’heure de la messe, c’est un Clara Clara plus pop que jamais qui se présente à nous.

-Nat