Un bricolage sonore malin et drôle, jouant avec les clichés.
Depuis peu, Arte Radio s’est également lancée dans une série sur les musiciens et leur instrument. Le premier sujet, sur l’utilisation atypique d’une trompette, est particulièrement intéressant.
Le deuxième est un peu en-deçà et le troisième épisode a été publié en début de semaine.
Arte Radio dispose d’un bon nombre de sujets en rapport avec la musique sur les 1300 sons qui la constituent maintenant. Outre tous ceux déjà listés à l’occasion d’un sujet sur les Bordelais de Strychnine, puis lors d’une confession sonore de Dominique A, on peut également (re)découvrir une petite pastille consacrée à Ninja Tune ou bien une entrée chez les compositeurs de l’Ircam.
Surtout, chose rare, les documentaires qui prennent le temps existent. Et entre tous, celui consacré à Cesaria Evora réalisé comme une balade au Cap-Vert, est l’un de mes favoris.
Atypique, souvent, Arte Radio va là où ne l’attend pas. Il se sont notamment intéressés aux beat boxers, longue démonstration à l’appui.
Une sélection en vrac
Dix petites minutes sur les traces de Ian Curtis à Manchester ?
Arte Radio le fait, et bien.
En sept minutes avec Archie Shepp, on respire le jazz et ce que cette musique véhicule avec. Toujours en jazz, allez écouter le portrait de Philippe Conord, amateur éclairé.
Plus classique, un micro ouvert à Keziah Jones. En revanche, lorsque le même exercice a Christophe pour interlocuteur, la poésie et les digressions prennent le dessus.
Quand on demande à Simone de faire marcher son phonographe, c’est tout une histoire.
Et en hommage à Luc Ferrari, ce compositeur de musique contemporaine, ce sont dix denses minutes qui lui sont consacrées.

Enfin, un autre sujet évoquera sans doute quelques souvenirs aux Bordelais noctambules.
Jusqu’aux derniers jours de décembre 2002, dans les rues se perdant au pied de Saint-Michel, il existait un de ces vieux rades aux tables en formica, à l’éclairage aux néons et à la clientèle un peu interlope. Il y avait Chez Antoine deux choses immuables entre toutes : le rhum cassis à dix balles et le juke-box. Ce dernier ne marchait qu’avec des francs, que le patron nous filait. Quand le juke-box résonnait du I love rock’n roll
version Joan Jett, les conversations s’interrompaient immanquablement et tout le monde reprenait en chœur le refrain. Joie de la musique non-imposée. Le sujet d’Arte Radio consacré au juke-box, et sa conclusion, sont une sorte de réminiscence du troquet de la rue de la Fusterie.





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