La Blogothèque

Têtes de lecture #9, à l’écoute

Une fois n’est pas coutume, il sera autant question de lettres que de sons. On y trouve l’histoire de la musique électro par la vénérable BBC, la chanson la plus diffusée sur les radios françaises durant la dernière décennie, du format physique magnifié et du vinyle fondu. Et aussi de la rupture, sans cela, ce ne serait pas un vrai billet de blog.


Sculptures de vinyle

Des arts sonnants regroupe dans un très bon billet plusieurs artistes qui utilisent les 33 et 45 tours comme matériau d’œuvre. Le vinyle concassé, fondu, remodelé dans des usages peu communs. On y trouve des liens en pagaille, une foule de découverte et la curiosité pour des usages déviants.
D’ailleurs, en parlant de vinyles, Eilon Paz, le fameux crate-digger photographe, a publié un nouveau portrait. Il est évidemment hautement recommandé d’aller y jeter un œil.

Tu le sens, mon format physique ?

Toujours dans le vinyle, le site Hardformat est à voir absolument. Des billets consacrés au design de pochettes, des ébauches documentaires de fameux designers et une mine de petits liens.
Ils aiment le format physique et c’est beau.

The Great Bleep Forward écoutable

En octobre dernier, la BBC diffusait Synth Britannia , riche documentaire consacré à l’impact de la musique électronique sur la culture populaire britannique. Il est d’ailleurs apparu en ligne il y a quelques jours (visible ici). Un autre documentaire, audio cette fois-ci, complète le propos. The Great Bleep Forward n’est pas nouveau, ce long programme en quatre volets date de 2004 ; mais il a été rediffusé en octobre sur BBC6. Il s’intéresse plus généralement à l’histoire de la musique électronique, débutant par le Moog pour ensuite filer vers Kraftwerk.
Les quatre épisodes ne sont plus disponibles sur le site de la Beeb, mais on les retrouve ailleurs, ou écoutables en totalité ici.

Radio Gaga

Hé, dites, vous savez qui est l’artiste dont la chanson a été la plus diffusée durant les dix dernières années ? Aznavour ? Hallyday ? Non, ce n’est pas celui à qui je pensais. Le vent nous portera est classée deuxième. Mais le premier ? Qui ?
Yacast a fait le bilan de la décennie et tout est à lire dans leur résumé, téléchargeable ici.

La nouvelle Peel

John Peel bel et bien enterré depuis 2004, sa succession n’a jamais été clairement identifiée. Tout du moins sa succession directe. En Grande-Bretagne, il est cependant couramment admis que Mary Anne Hobbs en est dans la droite lignée. Sa passion débordante, son enthousiasme, son goût sûr et le défrichage pointu auquel elle se livre sont autant d’arguments. Là où Peel officiait dans les guitares, Hobbs met à jour tout un pan de culture urbaine, notamment le dubstep, dans son émission sur BBC1.
The Art Desk publie une interview fleuve de l’animatrice. Elle y parle de John Peel, évidemment, mais aussi de son rapport à la musique, de ses passions successives pour le punk et le metal, et surtout de l’incroyable dynamisme du dubstep londonien.

Now, though, dubstep is a fantastic, sustainable model for how an entire scene can operate without patronage from the wider industry at large: that is a miraculous and revolutionary thing for me to see. It is a brand-new model – I think, Jesus Christ, look at what in the space of three years has become from a tiny micro-scene with sometimes literally 10 people at a rave, has become this enormous global international concern, and yet still absolutely retain 100 per cent control of what they are doing. And those empires that began as the most unbelievably tiny concerns, be it [south London club/label] DMZ or [Bristolian label] Tectonic recordings or [Kode 9's label] Hyperdub, are expanding literally month-by-month on a global basis.

C’est pas à moi que ça serait arrivé, un prof qui passe du rock en cours

L’Histgeobox est l’un des audioblogs francophones les plus originaux. Bien documenté, réactif sur l’actualité, il lie un titre à des cours d’histoire et de géographie et s’en sert comme illustration à part entière.

Je ne t’aime plus mon amour

This American Life est une émission très bien foutue de la Chicago Public Radio. Il y a un an et demi, l’une des épisodes avait opté pour la break-up song .
A cette occasion, ils avaient même ouvert un concours original : composer les arrangements accompagnant le texte de la chanson. Ils ont récolté 129 titres – ou comment annoncer une rupture tantôt en complainte larmoyante, tantôt en power pop. Hum… si vous comptez rompre avec quelqu’un, il y a de quoi faire.

L’Inrock est mort !

Et si vous vous intéressez au devenir des Inrocks , futur «news générationnel» , Mathieu Pigasse, nouveau patron du magazine, était l’invité de Masse critique, sur France Culture, dimanche. Le podcast est toujours disponible pendant une semaine.

Crédits photos (sous Creative Commons) : bandeau par Sylvain W // Installation Moog par Maschinenraum // Mary Anne Hobbs par Mike Reger.