La Blogothèque
Mercredix

La piste aux étoiles

C’était dans mes projets depuis que le Père Noël m’a apporté le magnifique coffret Keep An Eye On The Sky : relever le défi de consacrer un Mercredix au groupe maudit de Memphis. Soit extraire 10 chansons de l’oeuvre enregistrée par Big Star durant sa première vie (en mettant donc de côté In Space , sorti en 2005). Impossible car injuste et sujet à de multiples engueulades avec moi-même… Il a suffit que Jamais Pareil nous fasse part de sa propre sélection sur notre liste interne et que Garrincha relance pour que je me retrouve acculé*. Bref, comme le redoutait Clumsy récemment : « Je vais me faire lyncher ».

1 – « Feel »

Pour tous ceux qui ont d’abord découvert Big Star par l’entremise des reprises du collectif This Mortal Coil, c’est la chanson qui lance enfin les hostilités lorsque sont réédités #1 Record et Radio City au début des années 90. Merveilleux équilibre entre le couplet hard rock (au sens premier du terme) et un refrain pop assorti des meilleures vocalises de leurs influences en B (Beatles, Beach Boys) – sans oublier une partie instrumentale (ces cuivres !) qui nous rappelle qu’on est bien à Memphis, Tennessee.

2 – « Thirteen »

La chanson adolescente par excellence. Ces parents qui décidément ne comprennent rien à rien (Won’t you tell your dad « Get off my back » / Tell him what we said about « Paint it black » ) et ce pont cristallin qui traduit mieux encore l’incertitude de ces années.

3 – « India Song »

Comme chez les Beatles, il restait un tout petit peu de place à côté du tandem Chilton/Bell. C’est l’occasion d’entendre l’unique contribution d’Andy Hummel et celle-ci soutient largement la comparaison avec le reste de l’album.

4 – « You Get What You Deserve » / 5 – « Back Of A Car »

Chris Bell parti après l’insuccès de #1 Record , Alex Chilton parvient à faire sonner les chansons comme s’il était encore là (avec la complicité d’Andy Hummel pour « Back Of A Car ») et ça donne ce genre de merveilles. Un exemple de solo de guitare nécessaire pour la première (peu courant à une époque où il faut faire long et alambiqué) et une belle opposition arpèges v/s riffs pour la seconde.

6 – « Daisy Glaze »

Avec sa première partie bancale, ce morceau montre déjà la voie qui sera empruntée sur le troisième album. La suite reste power pop à souhait.

7 – « September Gurls »

S’il ne fallait en garder qu’une (et se faire lyncher une deuxième fois), ce serait certainement celle-ci. Et s’il fallait une raison supplémentaire, qu’elle soit matérielle : c’est grâce à la reprise qu’en ont faite les Bangles en 1986 et aux royalties afférentes que Chilton a pu se remettre sérieusement à la musique.

8 – « Holocaust » / 9 – « Kangaroo » / 10 – « Take Care »

Avec le troisième album, Chilton semble tenter le tout pour le tout. Big Star n’est plus qu’un duo avec le batteur Jody Stephens et, malgré quelques morceaux encore très pop (« Thank You Friends », « Jesus Christ ») glisse vers un univers claudiquant et dépressif. Bien qu’enregistré en 1975, 3rd mettra 3 ans à être publié par un petit label anglais mais devra attendre 1992 pour bénéficier d’une réédition digne de ce nom grâce à Rykodisc.

 

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- Bandeau : pochette de Radio City (détail), photo de William Eggleston.

*N’essayez même pas de trouver un calembour là où il n’y a qu’effort pour varier le vocabulaire.