La Blogothèque

2009, les espoirs déçus

“L’impatience est le lot des années impaires, et 2009 est riche en promesses” : c’est ce que j’annonçais à l’heure du bilan 2008. Tu parles. Le leak aura eu raison de notre impatience et cette année, comme la précédente : de rares disques très attendus, trop peu de (belles) découvertes, et tellement, tellement trop de sorties.

Le top 4 des disques amoureusement écoutés tout au long de l’année, sans lassitude aucune.


Dirty Projectors – Bitte Orca

C’était sûrement celui que j’attendais le plus, folle que j’étais de leur précédent Rise Above . Bitte Orca, album renversant, qui aura convaincu d’anciens sceptiques en laissant une place plus importante aux voix féminines du groupe. “Stilness is the move” single de l’année. L’un des meilleurs concerts de 2009 également (malgré les problèmes de sons de leur concert à La Maroquinerie): morceaux constamment réarrangés, la maitrise vocale d’Amber et Angel, et leur batteur constamment brillant.


Grizzly Bear – Veckatimest

Oui, c’est attendu et je le concède je connaissais bien mal Grizzly Bear avant ce Veckatimest mais, pour une fois, le bordel et l’impatience ambiante auront attisé ma curiosité. Un album génialement riche que je redécouvre à chaque écoute mais qui me laisse muette et parfaitement incapable de décrire tout ce qu’il a de séduisant.

The Pains of Being Pure at Heart – s/t

Chryde en parlait très bien, je n’ai pas 34 ans, mais les Pains auront été une des découvertes bénie de 2009, un de ses disques plein de nostalgie qui te donne envie de sautiller sur des chansons pleines d’héroïne et de “Death at 19″. Le seul groupe que je peux accepter de voir deux fois dans la même année, en sachant pertinemment que le chanteur chante encore plus faux que Nicolas Sirkis. Oui, c’est possible.


Girls – Album

La première fois que j’ai écouté Girls, j’ai presque détesté la voix de Christopher Owens. J’y suis revenue plus tard, sans trop savoir pourquoi, j’ai commencé à aimer tout ce qui dans le groupe me rappelait mes 13 ans, en toute subjectivité (et alors que leurs premiers défenseurs finissaient par retourner leurs vestes) : leurs cheveux longs, leurs dégaines d’ados, une certaine nonchalance. Un album surement inégal, imparfait mais ponctué de pépites comme “Hellhole Retrace”, “Lauren Marie” ou le niais mais sautillant et séduisant “Lust for Life”. Et le souvenir d’une belle Black Session chez Lenoir.

En vrac, ceux dont j’ai écouté les albums magnifiques trop peu de fois pour une place honnête en top ou parce que, parfois, un seul morceau mérite tous les honneurs :

Centenaire : The Enemy ou la fierté du talent français et le regret du peu de reconnaissance.
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Suckers, impossible de me lasser de ce titre extrait du premier EP de Suckers, un joyeux quatuor de Brooklyn.
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Mountains, pour Choral et leur concert hypnotisant à la Maroquinerie
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, découverte à l’occasion d’un concert en appartement, la norvégienne à la voix d’un autre temps dont on reparlera très bientôt (album à paraitre en 2010 chez Camaraderie Limited)

Nisennenmondai, pour cette claque sonore inoubliable au festival Villette Sonique

- Antony & The Johnsons, son Crying Light et son superbe concert au Grand Rex, dans les oubliés du mois de janvier.
- Bill Callahan : la folle classe scénique et les séduisantes mélodies.
- Andrew Bird, pour l’ensemble de son œuvre, pour une soirée de poche magique, pour le rire de St Vincent, pour ses improvisations.
- Dominique A pour s’être jeté sous une voiture au nom d’”Antonia” , pour sa modestie, pour La Musique et La Matière.
- Marissa Nadler, Sophie Hunger, Lhasa, Anni Rossi et Emily Jane White les plus belles voix féminines de 2009.
- Efterklang, pour m’avoir séduite en un concert à La Maroquinerie, pour Caravan.
- Toy Fight, pour leur formidable single, leur formidable clip, et leur album Peplum riche en promesse.

- Et, enfin, hors catégorie, l’un des plus beaux concerts de l’année et de la décennie : Sufjan Stevens au Music Hall de Williamsburg. Intense et inoubliable.

Photo bandeau : Clémentine Gallot

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