La Blogothèque
Soirées de poche
#13

The Dodos

Il nous avaient laissés sur une impression mitigée, loin de la passion qu’ils avaient su faire naître en nous il y a deux ans de ça, lors de la sortie de Visiter et de leurs premiers concerts parisiens. Un album qui n’avait pas la force du précédent, et un concert à la Maroquinerie où l’énergie était noyée dans un son pas assez clair, pas assez sec et percutant.

Il y avait depuis peu ce nouveau membre, Keaton, dont Meric et Logan ne cessaient de faire l’éloge. Un grand gaillard californien chargé d’un énorme vibraphone, semble-t-il essentiel à leurs yeux, mais dont avait du mal à estimer l’importance que ce soit en disque et en concert. La soirée de poche fut l’occasion de réparer tout cela.

Dans un ancien garage transformé en appartement par un illustrateur, à Montreuil, dans une pièce gigantesque aux armatures apparentes remplie de livres et d’estampes, nous avons laissé les canapés, fauteuils et chaises, et avons respecté le désir des Dods d’être un minimum éloignés les uns des autres. Sa batterie recouverte par un drap pour en atténuer la puissance, Logan était au milieu du public, Meric leur faisait face.

Il est impossible de douter un seul moment de la pure énergie qui émane d’un concert d’un Dodos. Ce fut le cas là aussi, dans un appartement, sans autre amplification que celle de la guitare de Meric. Peu bavards, mais pêchus au possible, ils ont démarré en trombe, une mèche sèche qui s’enflamme avant que vous ayez au le temps de retirer votre main.

Il fut surtout agréable de voir et d’entendre à quoi servait ce mystérieux vibraphone. L’importance de l’instrument dans le réarrangement des chansons était palpable, même avant que Meric ne lance la belle introduction à Fools qui ouvre le film en allant rejoindre Keaton pour frotter les archets sur les lames de métal.

Le concert était bien, ils ont joué beaucoup de vieilles chansons, certaines évidentes, d’autres plus rares. Nous angoissions un petit peu de les voir terminer le concert sans autre chose qu’un petit rappel. Ils ont entamé Season puis, à la fin, Meric s’est levé, a commencé à frapper sur le kit posé à côté du vibraphone, puis m’a invité, avec un spectateur à prendre le relais. Nous ne savions pas ce qui se tramait, mais cela dura 16 minutes. Un quart d’heure d’improvisation et de montée en puissance incroyable, qui laissa tout le monde aussi médusé que follement excité.

Nous ne pouvions pas ne pas mettre ce passage au montage. Cela impliquait de renoncer à d’autres chansons, à élaguer autour. Mais pendant ce long final, les Dodos nous ont offert un moment inoubliable, surprenant et fort. Qui nous fait dire qu’on a envie de continuer à les suivre.

Enjoy.
- Merci à Merlin, qui nous a accueilli dans son bel appartement.
- Le film a été produit encore une fois par les chics gens de Stances. Réalisation : Benoit Toulemonde et Chryde Montage : Benjamin Rohel Son : Jean-Baptiste Aubonnet, Etienne Pozzo, François Clos et Thomas Czerwoncka Cadreurs : Benoit Toulemonde, Benjamin Rohel, Thomas Jacquet, Marie Daubert, Colin Solal Cardo.