La Blogothèque
Concerts à emporter

Phoenix

Le jeu du chat et de la souris. Se croiser à la sortie d’un ou deux concerts, se parler quelques secondes, évoquer vaguement l’idée de faire un truc ensemble, puis voir les quatre Français s’échapper, exploser, devenir plus intrigants encore, et insaisissables. Il aura fallu quasiment huit mois pour que ce Concert à emporter se fasse, pour dégager une après-midi dans un emploi du temps hollywoodien.

Ensuite quoi ? Pousser les clichés dans quel sens ? Surjouer l’origine d’un groupe qui a commencé par grandir ailleurs ? Ou aller les filmer sur les terres qui leur ont vraiment permis de pousser ? Le point de départ fut une vidéo toute pourrie, une blague de potache postée par le groupe le 14 juillet dernier, dans laquelle ils jouaient ’1901′ devant un fond d’écran iChat. Pourquoi ne pas le refaire en vrai ?

On nous les avait peints comme flippés, méticuleux, pas nécessairement les meilleurs clients pour une petite aventure dans un quartier à touriste. que nenni . Ha certes, ils n’ont pas couru derrière les passants, ne sont pas montés sur les voitures. Mais ils ont joué le jeu, pris plaisir à la faire, à improviser un concert sur le parvis du Trocadéro face à un public timide, presqu’incertain, et pourtant grandissant, à pirater ensuite un bus pour touristes en remplaçant l’audioguide par ‘Lizstomania’. A finir paisiblement sous un pont au pied de la Tour.

C’est un jeu assez étrange qui se passe entre ce groupe et le lieu où ils se trouvent, une Tour Eiffel, un Trocadéro magnétisant l’attention par leur grandeur ou par leurs artifices et différents parasites plus ou moins spectaculaires, et ce groupe qu’on attendrait pas là, qui se retrouve immédiatement en concurrence avec toutes les attractions de fortunes conçues pour amuser le chaland. Phoenix et une caméra face à une troupe de danseurs de hip hop, face aux vendeurs de camelote, un groupe qui se retrouve comme anonyme, attrapant des poignées volantes de spectateurs pas préparés, qui s’agrègent soudainement face à ce groupe comme s’il faisait partie du décor, et qui sont presque gênés de leur demander si oui, ce sont bien eux.

Oui, c’était Phoenix, à Paris. Au pied de la tour Eiffel.