La Blogothèque
Mercredix

Dix hommes de Miles

Sans préjuger de ce que va être l’exposition « We Want Miles » à la Cité de la Musique, le Mercredix se penche cette semaine sur quelques-uns des musiciens qui ont accompagné Miles Davis sur une période de presque dix années : de la seconde moitié des années soixante (le « second great quintet ») à 1975, fin de la période dite « électrique ». Dix figures et dix morceaux. Fans d’indie rock : vous risquez d’entendre un son un peu différent. Fans de jazz : j’ai fait l’impasse sur des « monuments ».

1 – Keith Jarrett – « Bregenz, May 28, 1981 untitled »

On peut le préférer ainsi, improvisant en solo et oublier ses caprices de diva. D’autant qu’en cherchant bien, on tombe sur quelques albums sortis du back catalogue d’ECM qui valent bien un Köln Concert .

2 – Ron Carter – « Ten Strings »

Discret mais prolifique, Carter a participé à une douzaine d’albums avec Miles Davis et a également enregistré sous son nom depuis le début des années 60. Extrait du méconnu Uptown Conversation (1969).

3 – Herbie Hancock – « Rain Dance » / 4 – Bennie Maupin – « Mappo »

On pourrait consacrer un Mercredix à cette ramification électronique : Herbie Hancock, Bennie Maupin, Pat Gleeson – et donc Julian Priester. Au tournant des années 70, ils vont pousser encore plus loin l’aventure vers le spatial et le synthétique, ensemble ou éparpillés chez ECM.

5 – Dave Holland – « Celebration »

Un autre participant à Bitches Brew qui a trouvé refuge chez ECM et qui a révolutionné, avec quelques autres, la contrebasse : on écoutera également avec intérêt Conference of the Birds .

6 – Wayne Shorter – « Capricorn »

Jouant comme Coltrane (c’est pour cela que Davis le prit sous son aile), il a commis quelques albums solos honnêtes puis est allé se fourvoyer dans le super-groupe Weather Report. NB : son frère trompettiste, Alan, s’est tourné vers le free et a notamment sorti un album très recommandable chez BYG : Tes Esat disponible chez Spotify.

7 – Lonnie Liston Smith – « Desert Nights »

Cas très intéressant : cet organiste a fait le va-et-vient entre le free (Pharoah Sanders) et Davis (l’excellent On The Corner ) tout en sortant des albums très cosmiques samplés par le duo darkstep Source Direct à la fin du XXème siècle.

8 – Tony Williams – « Emergency »

Power trio avec deux autres ex-sidemen de Miles. Quand la fusion n’est pas (encore) un déluge de virtuosité et partage un air de famille avec les meilleures plages prog-rock anglaises…

9 – Airto Moreira – « The Happy People »

Participant officieux à l’immense Tribute to Jack Johnson , on ne l’entend que sur sa version complète (disponible ici) mais également sur Bitches Brew .

10 – Sonny Sharrock – « Portrait of Linda in Three Colors, All Black »

Autre participant à Tribute to Jack Johnson et l’un des rares guitaristes réellement intéressants de la période. A influencé Sonic Youth et Noël Akchoté.

- Pour écouter cette sélection, on clique sur ce lien.

- Si vous n’avez pas accès à Spotify, rendez-vous ici !