La Blogothèque

Temporary big

Deux gros sacs, un pour le matos, un autre pour se laver les dents. Des invitations à partir en voyage, des voyages, donc. Et à chaque fois l’envie de filmer, dont acte : des films. Voilà en peu de mots comment vit Vincent Moon depuis quelques mois. Il part dans une ville inconnue, se sert du web pour découvrir des groupes, les contacte, et organise des trucs de fous avec eux.

A Copenhague, il est parti filmer Slaraffenland (souvenez vous, ce Concert à emporter là) : pas deux trois morceaux, mais un album entier en une journée. Et comme si ça ne suffisait pas, il a rassemblé une grosse poignée de formations musicales, les a mises dans la même baraque, les a tous filmés les uns à la suite, en un plan séquence.

Ce sont donc deux films qui sortent aujourd’hui, sur deux sites dédiés : Temporary Slaraffenland et Temporary Copenhagen. Prenez le temps, c’est fort.

Voici ce qu’en dit Moon :

“Tout d’abord, un film de 40 minutes, tourné un peu sur les traces du beau projet Flying Club Cup avec Beirut – le principe étant simplement d’étendre une session de concert à emporter à une journée entière (voire plus), et rejouer ainsi tous les morceaux d’un nouvel album, avant sa sortie, dans le principal lieu d’inspiration des musiciens. En donner ainsi une version alternative, remplie de featurings (Efterklang, Valby Vokalgruppe, Mames Babegenush…) et rencontres improvisées (de fâcheux supporters de foot éméchés lors du dernier morceau). A l’heure où l’idée de perfection et d’enregistrement ultime s’échappe encore un peu plus, toujours renouer avec l’éphémère et la zone temporaire. Et un challenge, 10 morceaux en une journée, comme un tour guide ultra personnalisé de la capitale danoise.

Deux jours plus tard, a la suite d’une idée simple et balancée un peu vite (organisons une soirée dans un appart avec tous vos potes musiciens!), 9 groupes se retouvent pour quelques heures dans un meme espace, sans savoir trop pourquoi. Improvisation totale, et un nouveau challenge comme un nouveau jeu – créer une piece sonore, sur environ 30 minutes, tournée en un plan sequence. Et l’idée que je cherchais depuis si longtemps pour ces ‘temporary areas’ prend tout a coup forme, simple et évidente, collaboration spontanée et locale. Temporary Copenhagen est donc la première pierre d’une nouvelle série dédiée a explorer les scénes locales, rassemblant, lors de quelques heures ou quelques jours, une collection hétéroclite de créateurs, pour donner une représentation, une performance, une piece semi-improvisée, un enregistrement unique, et surtout pour vivre une expérience un peu étrange et hybride.

En plus de ce long plan séquence (qui tient tout de meme son rythme pour les 20 premieres minutes, promis!), la seconde partie de soirée fut une collection de morceaux joués par chacun des groupes, le tout étant rassemblé sur le site temporarycopenhagen.com , ainsi qu’une série de outtakes tournées au Spot Festival de Aarhus quelques jours plus tard – ne manquez pas les William Blakes notamment, nouvelles idoles locales, ou la fabuleuse Caecilie Trier a la tête de Chimes and Bells .

J’étais parti un peu en quête de cette ’nouvelle’ scène danoise, principalement sur les traces de Efterklang et Slaraffenland, voulant documenter de manière assez expérimentale la création locale. J’en suis revenu assez bouleversé par l’ouverture d’esprit plus que par un son commun a tous ces groupes, mais y ai puisé bien assez pour relancer un ancien projet et faire un petit panorama d’une ville. Expérimenter plus que documenter dans un sens objectif. Et ramener, surtout, quelques sons magiques. Merci a toutes ces énergies danoises pour ce beau projet.”