La Blogothèque

The first time I cried in New York, USA

C’était le 7 octobre, le dernier concert de la tournée de Sufjan Stevens: 17 dates sold out en une heure. C’était au Music Hall de Williamsburg, on pourrait dire un équivalent de notre Cigale parisienne, en beaucoup plus intime et confortable.

J’adore Sufjan mais je ne l’ai jamais vu, je n’ai pas non plus tout ses albums. Je ne sais pas pourquoi j’ai même cru, à l’époque de son passage au Grand Rex, que ses concerts pouvaient être chiant. L’idée de m’ennuyer cette fois ci ne m’a pas traversé l’esprit. Depuis trois semaines, rien qu’a l’idée de le voir, à New York de surcroit, je me mettais à faire des bonds avec mon sourire le plus béat.

New York, 8 octobre 2009

C’était hier.

Quand je suis arrivée dans la salle, Sufjan se préparait tranquillement sur la scène et le public s’en foutait royalement, pas de groupies braillardes, rien. C’est peut être ça un artiste américain qui joue chez lui.

Ils attendaient tous le signe de ralliement : Sufjan tombe la veste et visse sa minuscule casquette sur sa tête pour entamer deux blagues plus tard un délicat « The Mistress Witch from McClure »

Je n’ai aucun élément de comparaison mais Sufjan ce soir là était à la fois ce type décontracté et si sur de son talent qu’il réussissait en plein milieu d’un morceau à te coller un «Hello darkness my old friend » blagueur et à revenir aussitôt sur son morceau qui est tout autre chose et tellement loin de ça.

Il y avait 6 musiciens parfois 10, Sarah Worden (My Brightest Diamond) remplacée par une Nedelle Torrisi (Cryptacize) fantastique, un trompettiste et un batteur à tomber à la renverse, un ensemble à ne plus savoir ou regarder, à ne plus savoir d’où les notes fusent.
2 heures sans le moindre faux pas, une qualité de son jamais atteinte à Paris, un public bouche bée et attentif comme aucun autre.

Bizarrement je ne crois pas qu’entendre mes morceaux préférés («John Wayne Gacy Jr», «Feel the Illinoise») ai été plus intense que la découverte totale des nouvelles chansons, bien au contraire.
Chacun de ses nouveaux morceaux a été pour moi une géniale escalade vers mes premières larmes new-yorkaise.

Ça commençait toujours en me faisant un peu peur, ces beats qui ne lui ressemblaient pas, et puis à chaque fois, ces montées en puissance dont seul Sufjan a le secret : une mélodie qui gonfle qui gonfle mais sans jamais noyer un seul instrument et BING BANG ça vient de la trompette (c’est incroyable l’effet que ça me fait) et HOP la batterie et un banjo et un piano et leurs deux voix et ça va ça vient, une trompette, quatre trompettes et tu regardes tes voisins qui ont tous le même air halluciné en te demandant si tu vas pouvoir pleurer de bonheur et d’émotion sans que personne ne s’en aperçoive.

Sufjan arrêtait toujours ces morceaux-là un peu brutalement, vaguement gêné, avec des notes de banjo qui n’avaient rien à faire là ou une blague impromptue, comme un snap pour nous ramener à la réalité.

Je ne crois pas en être revenue de tout manière, cette soirée là risque d’éclipser le souvenir de toutes les choses incroyables que l’on peut voir à New York.

C’était hier, un des meilleurs concerts que j’ai pu voir en près de 10 ans. Ce jour là il soufflait un vent à faire valser la statue de la liberté, comme comme pour mon premier concert de Patrick Watson, une des gifle live de la décennie.
Il doit surement se passer un truc spécial, les jours de tempête.

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Setlist (liens avec vidéos live)

The Mistress Witch from McClure (Or, The Mind That Knows Itself)

Impossible Soul (new song)

Concerning The UFO Sighting Near Highland, Illinois (solo piano)

The Transfiguration

All Delighted People (new song)

Majesty Snowbird

Casimir Pulaski Day

Too Much Love (new song)

Owl & Tanager (Barn Owl, Silent Killer)

Seven Swans

Detroit, Lift Your Weary Head! (Rebuild!)

John Wayne Gacy Jr.

Age of Adz (new song) (live @ Castaways, Ihtaca)

Come On! Feel the Illinoise!

Encore:

The Dress Looks Nice on You

Jacksonville

Vidéos JeannieK, bandeau Tammylo, photo article Leslie

Reconnaissance éternelle à Michael Kauffman (Asthamtic Kitty)