La Blogothèque
Mercredix

A Visit From Drum !

Poum tchak ! Poum poum tchak ! Poum Tachakatakatakatak ! Les linguistes parmi vous l’auront compris, le Mercredix de la semaine, élaboré à mains nues, est consacré aux beats qui claquent et aux drums qui envoient de la buchette. Aux batteurs qui jouent avec le feu et à leurs petites sœurs, les boîtes à rythmes pyromanes. Ou quand une chanson en devient une autre par la simple grâce d’un bruit percussif.

1 – Liars – “A Visit From Drum”

Liars, par moments, c’est beau comme du Akron/Family. La percussion prend un rôle presque rituel, sans qu’on tombe pour autant dans la caricature de hippies en transe autour d’un feu.

2 – Paul Simon – “The Obvious Child”

Pour l’ensemble de son œuvre en solo, l’aïeul des Vampire Weekend, Yeasayer et de tous les petits groupes qui reprennent aujourd’hui des rythmes d’ailleurs pour les injecter dans leur pop avait sa place ici. On aurait pu choisir la calme et pourtant splendide batterie de “50 Ways To Leave Your Lover” mais ce sera finalement les envolées spectaculaires de “The Obvious Child”.

3 – The National – “Fake Empire”

AD: Critics focus heavily on your lyrics, almost to the detriment of the rest of the band. Bryan’s drumming, though, is one of the unsung heroes of Boxer, in that he seems to propel the music in ways that most drummers can’t. He’s a lyrical drummer, if you will. To what extent has his talent been a boon to you and your writing?

Matt Berninger: Bryan is great because he doesn’t just play along. He changes a song’s direction and moves it around.

Démonstration (ça marche aussi avec “All The Wine”).
la suite de l’interview [ici]

4 – The Walkmen – “The Rat”

Un autre grand batteur dans la lignée de Bryan Devendorf. Sans doute plus classiquement rock’n'roll, mais capable de choses majeures. C’est évident dès la deuxième mesure : “The Rat” ne s’arrêtera que quand il le voudra bien. Alors les autres ont intérêt à s’accrocher à leurs manches de guitare, à leur micro. Parce que ça va dépoter.

5 – The Dodos – “Fools”

Si les camarades suiveurs de Paul Simon sont allés faire leurs emplettes en Afrique ou au Brésil, The Dodos eux ont bien écouté Steve Reich. Du coup, ceux qui les ont vus sur scène se souviennent bien de ce que cette chanson donne. L’impression d’un train lancé à grande vitesse sur un pont brinqueballant.

6 – Oneida – “Jazz is the Teacher, Funk is the Preacher”

Oneida, ou comment jouer des chansons cycliques et répétitives sans jamais lasser. Sans jamais baisser le volume non plus.

7 – Radiohead – “Idioteque”

La chanson la plus versatile de tous les temps : une chanson pour rire, pleurer, faire la vaisselle, marcher sous la pluie, hurler, courir, regarder le ciel la nuit, dormir, danser comme des singes ; une chanson qui donne du sens à tout. Et qui prend appui sur une pulsation vitale, primale, nécessaire, implacable comme un battement de cœur. Comme le battement de cœur d’un autre que soi. Votre voisin(e), là. Allez, prenez lui la main.

8 – Battles – “Atlas”

Les croisés du math rock font un tube. Meilleur film d’action de l’année 2007.

9 – Portishead – “Machine Gun”

Quand Portishead se met au krautrock, même les machines ont une âme. Bon, une âme implacable et froide comme la mort. On est loin de la versatilité de “Idioteque”. Cette chanson n’a qu’un seul usage. Allez, on se prend la tête entre les mains, on place bien les pouces et on crie bien fort.

10 – Fever Ray – “If I Had A Heart (Fuck Buttons Remix)”

La rencontre qui tue de l’année, ou quand une acharnée de la texture et des ambiances couleur pas bien claires confie ses jouets à des acharnés qui aiment bien taper sur des trucs. L’intérieur de vos têtes, par exemple.


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Photo : Gene Krupa drumming in time-lapse photo capturing him in action through multiple exposures, at Gjon Mili’s studio. (Gjon Mili – Life / Google)