On n’aurait jamais imaginé croiser de nouveau la route de Peter Milton Walsh et ses Apartments. Un homme qui nous a marqué, ponctuellement, il y a longtemps, des plus belles et des plus tristes chansons qui soient. Qui n’enregistrait et ne se produisait que rarement, qui n’a donné quasi aucune nouvelle depuis 9 ans.
Mais voilà. Les Apartments reviennent. Pour une brève mais précieuse tournée française, à la mi-novembre. Ne les ratez pas.
C’était il y a 15-20 ans, c’était à l’époque comme aujourd’hui. Des disques comme des fulgurances, des musiciens qui provoquaient l’enthousiasme immédiat, un bon lot de feux de pailles et, derrière, les braises toujours chaudes d’artistes discrets, qui sortaient leurs disques au compte-goutte, sans prévenir. On les chérissait, on les gardait pour soi, et ils semblaient ne jamais pouvoir s’épuiser.
L’un d’eux s’appelait Peter Milton Walsh. Son groupe, The Apartments. Un album tous les cinq-six ans, à chaque fois une merveille. Entre, de très rares concerts. Et à l’époque, rien pour suivre entre-temps : rien que la solitude partagée de disques intimes, presque trop intimes, qui racontaient des blessures profondes, des douleurs avec une force mélancolique unique. Une voix grave, à peine adoucie par le fatalisme, un franchise qui écorche, des arrangements justes… On ne peut écrire sur Apartments sans une espèce de franche et béate sentimentalité. Allez juste lire les mots de ceux qui l’ont croisé…

Et pourtant, ça n’a jamais marché. L’histoire des Apartments, c’est l’histoire d’un homme qui n’arrive à écrire son disque que parce que quelqu’un réussit à lui dire que sa musique est essentielle. Qui se relève, écrit, traverse le désert, s’épuise. Puis, un jour, se relève. Il y a quatre ans, parlant de Walsh, j’écrivais « Peut être Peter Walsh reviendra-t-il sans se faire annoncer, sans même vraiment le désirer, comme il l’a fait jusqu’ici ».
Ce jour est arrivé.
L’histoire est belle. Un journaliste (Emmanuel Tellier) resté en contact, qui apprend que Walsh passe près de l’Europe en novembre, essaie de le convaincre de revenir jouer en France et, à force de mails, obtient un ‘yes i’ll do it, i’m committed, and happy’.
Peter Walsh, of the Apartments, donnera donc trois dates en France. Une première, le mercredi 10 novembre, à l’Espace Rabelais de Chinon (tout près de Tours, où the Apartments avait joué en 1987), le 11 novembre à l’Européen, à Paris , et le 12 à la Coopérative de Mai à Clermont-Ferrand . Il devrait être accompagné de Warren Ellis, guitariste de Grinderman, d’Eliot Fish, bassiste sur A life full of Farewells , et des gens de 49 swimming pools.
Et il a de nouveaux morceaux. Qu’il pourrait avoir envie de jouer, voire d’enregistrer. Nous savons déjà que beaucoup ne rateront ces dates pour rien au monde. Nous espérons que d’autres se laisseront tenter.





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