La Blogothèque

Ces Brésiliens qui reprennent Beirut

C’est une assez belle histoire. Une histoire de fans, d’envie, de web, et de musiques qui se croisent. L’histoire de deux filles des environs de Saõ Paulo fans de Beirut, frustrées de ne pas le voir passer au Brésil et désireuses de recenser les autres fans du groupe à travers le pays. Qui lancent des appels sur les réseaux sociaux et décident vite d’en faire plus : inciter des groupes à reprendre ses chansons dans différentes villes, voire monter un groupe dédié à cela, adapter les chansons de Gulag Orkestar et Flying Club Cup aux tonalités brésiliennes.

Cela leur a pris du temps (la première journée de concert était prévue en février), mais l’idée a abouti. Le projet Beirutando est sur les rails. Dimanche 30 août, à la même heure, à Saõ Paulo, Rio de Janeiro et Minas Gerais, trois groupes ‘Beirutando’ donneront des concerts de rue. Vous vous en foutez, vous êtes coincés en France. Mais l’histoire est assez mignonne pour être racontée, et vu qu’il y a des vidéos pour appuyer tout cela, on n’en parle pas pour rien.

Le résultat n’est pas toujours parfait, loin de là, mais il a le mérite d’être intéressant. Car plutôt que de se contenter de reprendre bêtement les chansons de Zach Condon, ils ont entrepris de les adapter. En l’absence d’un ukulélé, Ils ont inventé un nouvel instrument, le cavacolele, “un cavaquinho avec des cordes en nylon, accordé comme un ukulélé. Cela sonne à peu près pareil, mais donne une saveur brésilienne à la musique” , expliquent-ils. “Pour rendre hommage à notre propre culture, mais aussi à l’aspect très englobant et multi-culturel de la musique de Beirut” , poursuivent-ils, “nous avons commencé à reprendre leurs chansons en suivant des rythmes brésiliens”.

Cela donne Sunday Smile en bossa à Saõ Paulo

Cliquot en baião à Saõ Paulo aussi

Nantes dans un parc de Rio de Janeiro

Elephant Gun dans le métro

C’est plein d’écueils, de fausses notes, mais ce sont des répétitions et c’est d’une incroyable fraîcheur. Et chapeau aux deux Brésiliennes pour avoir monté ça avec leur seule énergie. Résultat, Beirut joue pendant deux semaines au Brésil en septembre. Espérons qu’une rencontre aura lieu.