On avait donc eu cette idée avant de venir, louer une longère pas loin du festival et la transformer pendant trois jours en maison du bonheur, avec stock de bières au frais, barbecue dans le jardin et enceintes posées sur le gazon. On a trouvé tout ça, restait à faire venir les groupes et les fans. C’était sans compter sur l’emploi du temps surchargé de la Route du Rock, sur le confort qu’elle offre aux groupes (les incitant à ne pas quitter le site), sur notre manque de préparation et le travail que nous avions à faire sur place qui nous a fait transformer le salon de la longère en grande salle de montage improvisée.
Au final, il n’y eut qu’une soirée à la villa, mais avec les groupes qu’il fallait. Depuis ma découverte de Survival l’an dernier, je ne rêvais que de ça : entendre Forest Fire jouer ‘I make Windows’ et leurs autres perles lors d’une fin de soirée apaisée. Leur musique semblait faite pour cela, pour les paresses ivres, les cendriers plein de fumées, les congrégations paresseuses, entassées à six sur un canapé. Cela tombait bien, ils jouaient leur premier concert français au Palais du Grand Large.
Le concert fut en demi-teinte, ventre mou et final grandiose, mais suffisait à nous donner l’envie d’en entendre plus. Le soir, au milieu du set des Kills, nous partîmes donc pour la villa avec le groupe. On lance un barbecue, on allume les bougies. Nathan et Adam posent une poignée de pédales sur la table de jardin, les branchent à nos amplis de poches, la soirée commence. Elle sera douce. Le groupe est plein d’humour, prêt à tout jouer, et ils sont juste parfaits. Ecoutez plutôt.
A 1h du matin, on apprend que les Papercuts ont accepté de nous rejoindre. Lorsque leur van les dépose, ils sont dans un état catastrophique : épuisés, avinés. Assis sur une chaise du jardin, Jason semble s’endormir sur sa guitare. Mais lorsqu’il s’agit de chanter, ils puisent dans une poche d’énergie secrète et leur John Brown tout en harmonies est à tomber de beauté.






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