La Blogothèque

La Blogothèque au Midi Festival

On avait ces trois derniers étés croisé la rumeur, sans jamais se décider à s’y frotter. Une rumeur qui parlait d’un événement comme on n’aurait osé en rêver. Un festival à taille humaine, à prix raisonnable, dans un jardin envahi de cigales, où tout ce qui peut gêner la vue n’est pas une poutre, mais un cèdre centenaire, et où la programmation n’a qu’un moteur, la curiosité. Il était temps que nous descendions au Midi Festival, à Hyères, voir cela.

Tout était vrai. Le cèdre gigantesque, les cigales, l’ambiance familiale, la programmation pointue. Des concerts exigeants, libres, souvent furieux, joués sur une petite scène bordée de pins, des groupes que nous ne connaissions que de nom qui nous ont retourné la tête, des visages familiers qu’il nous faisait plaisir de recroiser, des éclosions auxquelles nous avons assistés hébétés.

C’était donc ça. Sautiller en fin d’après-midi sur les insouciantes pièces électro-cute des Little Pictures, se retrouver une heure plus tard à secouer la tête sur les longs, enivrants délires tribalistes de Mahjongg, regarder à une heure d’intervalle Jeffrey Lewis faire des ronds avec sa guitare cradingue et Dent May faire la même chose avec son petit ukulele tout neuf, voir des sexagénaires, des familles, des ados, des hipsters du sud, des petits couples d’été tous ensemble réclamer avec passion deux rappels à Skeleton$, groupe de jazz-rock expérimental, en clotûre du festival. Entre temps, regarder le soleil se coucher dans la vallée, tailler le bout de gras avec un vieux disquaire fantasque posé là contre un mur de pierre séculaire, et faire des vidéos d’été.

Le Midi Festival nous avait proposé de filmer les concerts, mais aussi de nous approprier l’espace. Nous nous sommes pliés avec plaisir. Fait jouer Dent May et son groupe les pieds dans l’eau sur une plage de Hyères, organisé un micro-concert de Skeleton$ dans de grandes chiottes au néon détraqué, invité le public à suivre les Little Pictures transformés en charmeurs de serpents, posé François Virot au milieu d’une grande installation d’art contemporain…

Le résultat, ce sont ces trois films de 25 minutes, mélange de lives et de concerts à emporter, que nous vous offrons cette semaine. En vous conseillant sincèrement de réserver votre dernier week-end de juillet 2010 pour participer au festival le plus… heureux du Sud de la France.