La Blogothèque

Ils s’appellent Girls, les filles aiment ça

C’est toujours un poil agaçant, un garçon qui porte bien les cheveux longs, un garçon qui est si sûr de sa séduction qu’il n’en a cure, se fait tatouer les bras au fil des cuites, empile les bracelets, s’habille le lundi d’un gilet de grand-mère allemande, le mardi d’une robe tibétaine, et quoi qu’il arrive, se retrouve, dès qu’il se place face au micro, face à une quinzaine de filles toutes plus jolies les unes que les autres qui hurlent son nom. Le mec est tellement sûr de son coup qu’il a appelé son groupe Girls, tout bêtement. Ça le rend difficiles à trouver sur Google, MySpace et HypeMachine, mais il s’en fout, ça marchera quand même.

Ce garçon s’appelle Christopher Owen, et il est avec son chant comme avec ses fringues. Il fait juste semblant de s’en foutre. Il chante. Il surjoue les voix graves et mélancoliques, assume le maniérisme, est crooner sur une chanson, petit péteux sur la suivante, sait placer ses gimmicks, des petits ‘come on come on come on’ avant la lancée, des poussées geignardes en fin de couplet, et le pire c’est donc que ça marche.

Ça marche parce que derrière ça assure. L’autre moitié de Girls, un bassiste ingé-son, sait ciseler ses sons, faire monter la basse, saturer les guitares au millimètre, trouver sur quelle chanson mettre un tambourin, écrire et produire une chanson, autrement dit. Les chansons de Girls sont impeccables, taillées sur mesure, et réussissent l’exploit de garder malgré cela une fraîcheur insouciante, une insensibilité aux tendances. Juste fraîches.

Tout est dit en deux morceaux. Un premier, ‘Hellhole RatRace’ qui serait presque un plaisir coupable, une arme secrète qu’on aurait du mal à avouer écouter seul à la nuit tombante, mais qu’on se gardera exprès pour le soir où il faudra faire tomber une fille dans nos bras au moment où l’ivresse et les petites approches auront bien préparé le terrain, au moment où on aura besoin qu’elle ne se posen plus de question et se laisse couler sur un flot de guitare douces.

Un second, ‘Lust For Life’, fait lui pour célébrer le lendemain matin, glisser en chaussettes sur le parquet pour aller préparer le café, danser n’importe comment en caleçon, rêver que derrière, blottie dans son lit, elle se charge du tambourin ou des ‘ouap ouap ouap’ en choeur.

L’album de Girls, tant qu’à faire, s’appellera ‘Album’, sortira le 22 septembre. Il sera sur Internet avant, et Dieu sait que vous entendrez parler du groupe d’ici là… ne serait-ce qu’ici quand on aura l’occasion de vous faire entendre ‘Laura’, deuxième titre et pure merveille. En attendant, allez lire l’interview que The Guardian a faite du groupe, ou il est question de pilules, de sectes hippies, de musique et de pilules…