La Blogothèque

Têtes de lecture #7

Tu veux monter un blog musical aujourd’hui ? Tu arrives trop tard sur le marché. Tu veux devenir vidéaste musical ? Tu as de l’avenir si tu t’y prends bien. Tu veux être pirate musical parce que des études disent que tu achètes des disques ? Tu devrais peut-être relire les conclusions. Tu veux te réfugier au Montana pour faire de la musique ? Jason Lytle l’a fait avant toi.

QUEL AVENIR POUR LES AUDIOBLOGS ?

PDA, le blog du Guardian consacré aux contenus numériques, s’est penché sur la place et l’intérêt réel que représente désormais pour les fans la blogosphère musicale, analysée comme étant arrivée à saturation. Ou comment le simple fait de commenter l’actualité apparaît désormais presque vain. Fini le site éditorialisé, bienvenue aux agrégateurs ?

«The music blogosphere feels absolutely saturated with bad editorial and far too much of the same music content» , says James Penycate, a digital marketing strategist for Brilliantly Different. [...] «There’s no real business model for starting a music editorial magazine online. It needs to be viewed like fanzines were. Anyone who thinks they can do it for a living without spending three years living off baked beans is delusional.» (Sean, Drowned in sound)

Sur ce même thème, la discussion reproduite par Sean, est remarquable à plusieurs égards. Il note à juste titre que les blogs en général ne sont que des miroirs répétant souvent à l’infini ce qui s’écrit peu ou prou à côté.
Au lieu d’aller voir chez le voisin ce qu’il se dit et éventuellement de le répercuter, chacun se recentre sur ses propres publications, quitte à simplement rajouter sa voix à l’écho. Une position que l’on retrouve avec beaucoup de similarité dans les sessions vidéos proposées par de nombreux sites désormais (pour en lire plus, les commentaires de cet article du Hiboo alimentent le débat).

«it’s like a hall of mirrors in a nuclear echo chamber and no-one is really saying anything, just repeating things and it gets a bit Chinese whispers»

Au final, et par extension, le seul endroit où le “journalisme de liens” (qui faisait la force de l’audioblogging) ait régressé, c’est dans la musique.

D’autre part, il s’interroge sur la pertinence des sites musicaux tels qu’ils existent aujourd’hui, nourris de trois ou quatre années d’expansion gigantesque. Il se montre également critique et pessimiste pour les nouveaux arrivants sur ce qui est désormais un vaste paysage de la review musicale. Et croyez bien qu’on se sent concerné, à la Blogo.

«the biggest one is the cost of living to carry something off you need at least one person working on it full-time or 10 people doing it as a hobby if you want it to be as big as DiS, Pitchfork, Stereogum, etc»

VIDEO KILLED THE RADIO STARS

Vous êtes plutôt vidéos pourraves sur Youtube, HD sur Vimeo ou qu’importe le pixel tant qu’on a le son ? Après un article lu dans Wired , Shout Ring Out s’est mis en tête de pousser un peu plus loin l’enquête sur le retour en grâce de la vidéo comme outil inventif de promotion musicale.

James: [...] In what way do you feel music video made a “comeback”?


Jake: I’m not sure if comeback is the right word, but it definitely feels like music videos have become more of a part of the cultural conversation again in way they weren’t for a while. And this is mainly due to the fact that nearly every single music video past or present is now on YouTube.


Et on apprend que Youtube n’a manifestement pas plus d’intérêt à promouvoir les vidéos musicales émergentes que les pauvres maladroits qui se plantent en trampoline.

PIRATAGE : L’IMPORTANT, C’EST LA QUESTION

L’étude récente qui lierait téléchargement illégal et achat de musique est sujette à débat (et pas seulement dans les commentaires argumentés de notre article).
Cela commence chez Idolator, avec une remise en cause de ce qu’on peut trouver dans cette étude, et la diversité des comportements face au téléchargement. Le problème n’est pas l’étude : c’est ce qu’on veut lui faire dire.

One of the key things that quantitative researchers have to always watch out for is the phrasing of their questions. There’s always the chance of there being a HUGE gap between institutional/academic understandings of a term and a 15 year-old kid’s. Qualitative research is always the best way to go toward actually understanding human everyday behavior. Extensive observations, interviews, etc. But then again, that sort of research is NEVER used in newspaper articles. anyone in class know why ? Anyone ?

Eric Harvey (cité ci-dessus) développe ensuite sur son propre blog une réponse circonstanciée à un commentaire de l’article précédent.

Talking to people about what music does for them when it’s mediated through the Web and Internet will hopefully reveal new paradigms through which we can understand how people invest meaning in art that’s become infinitely accessible, replicable, and freshly sedimented in the most mundane of everyday activities (answering one’s phone, for instance).

MA CABANE AU MONTANA

Jason Lytle, ancien leader de Grandaddy, a tout laissé tombé un beau jour pour se réfugier dans le Montana, laissant son groupe s’occuper seul de la dernière sortie discographique puis se séparer. Revenant sur tous ces épisodes passés chez Aquarium Drunkard, il parle de sa manière d’appréhender la musique, de la faire et surtout de la vivre.

You spend chunks of time not talking to anyone or seeing anyone and there’s this weird transitional period where you have to realize, okay, it’s time to come back. Some people get this from drugs or drinking, but at some point you have to come back, there is this period of re-entry. I’ve found that in order for me to be good at being a human and at doing art, I have to go pretty deep into each one of them. But there is always this transitional period and I likened it to commuting, like commuting to and from work. I found myself constantly falling back on that concept. I’m just fascinated with it and I’ve seen over the years it really does take a concerted effort at getting better at that re-entry phenomenon.

- Photo d’illustration (Creative Commons) : Eric Rice.