Et si le morceau qui termine un album était encore plus important que celui qui l’introduit à l’auditeur ? On se penche souvent sur la première plage, moins sur la dernière. Petite revue subjective en 10 extraits choisis au petit bonheur la chance – enfin, pas tant que ça.
Buffalo Springfield – « Broken Arrow »
Mini fresque, western baroque, reprise du morceau d’ouverture de Buffalo Springfield Again , parabole de la (déjà) fin des Sixties… L’une des plus belles chansons du Loner.
John Cale – « Antartica Starts Here »
Entre Lou Reed et lui, mon choix a été vite fait, malgré Berlin . Certes, ils ont tout deux tendance à livrer des albums de plus en plus faiblards avec les années mais il y a une chose que le premier (qui se veut écrivain) n’aura jamais réussie : d’une voix voilée chanter la fin d’une époque.
Talking Heads – « The Road To Nowhere »
Je me rappelle avoir acheté Little Creatures à sa sortie et en avoir été très déçu à la première écoute, surtout sur la face A. Heureusement, plus la fin approchait et plus je commençais à l’aimer : le pont de « Walk It Down », la fusion latino-africaine de « Television Man » et enfin cette « route vers nulle part » dont le clip était à la hauteur. Et puis mettre un single à la toute fin d’un album, qui d’autre pouvait oser ?
New Order – « Leave Me Alone »
Au beau milieu d’un album déjà contaminé par la disco et la dance, un beau vestige de Joy Division, régulièrement massacré en concert (sacré Barney). Tu t’es vu quand t’es nu ?
Cocteau Twins – « Frou-Frou Foxes in Midsummer Fires »
Dernier album chez 4AD, plus gros carton du groupe dans les charts anglais et probablement premier album où les paroles sont entièrement en anglais (mais les avis des spécialistes varient), Heaven or Las Vegas reste étonnamment bon avec le temps. Ce morceau fait bien sûr partie de ceux qui donnent tout leur sens à la touche « repeat ».
Drey – « Threads »
Les fidèles ont peut être remarqué que nous louons un discret mais persistant culte à une maison de disques sise à Strasbourg qui a la particularité de ne sortir que d’excellents disques. L’an dernier, Electric Electric réjouissaient nos tympans. En 2007, il fallait compter sur Drey pour représenter Herzfeld de belle manière – et là encore, on presse rapidement la touche « repeat ».
Bashung – « Angora »
« Le souffle coupé / La gorge irritée/ Je m’époumonais / Sans broncher »
Leonard Cohen – « Trailer Park »
Je n’allais pas attendre un hypothétique Mercredix consacré aux instrumentaux (ou aux pochettes pas très belles) pour vous servir celui-ci. D’autant qu’il m’aurait été difficile d’en trouver 9 autres de cet acabit.
Florent Marchet – « Les Grandes Vacances »
Qui n’a pas passé l’été dans une grande ville désertée par les juilletistes et aoûtiens ne peut saisir toute la beauté triste de ces grandes vacances.
The Rolling Stones – « Moonlight Mile »
Les Stones du temps de leur vivant : son de batterie hallucinant et cordes grande classe signées Paul Buckmaster. La claque finale de Sticky Fingers , parole de non-fan.
Photo : Les dernières volontés de Don Diego de la Vega (Life / Google)






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