La Blogothèque

General Elektriks, le groove continu

Morts, réveillez-vous ! On dit qu’ils sont en ville. On dit qu’ils ont des looks pas croyables et qu’ils démarrent pied au plancher, rock, groovy, électrique, plein pot. On prétend que Seb Martel tourne avec eux. On dit qu’ils ont le pouvoir de vous ramener à la vie, que les murs tremblent, que les fondations des constructions se soulèvent de plaisir, que les bassins remuent dès les premières envolées du clavier. On murmure que ce n’est que le début, que ça vous prend en pleine cage thoracique et que ça ne vous lâche plus. Les gens disent tant de choses.

On dit qu’on l’avait croisé au détour d’une playlist Blogothèque il y a quatre ou cinq ans et qu’on a bien fait de garder le nom en tête. On dit que General Elektriks était là, hier, en pleine forme. On dit qu’il perd trois litres de sueur par concert, on dit qu’il saute partout sans discontinuer, on dit que c’est groovy et punchy, puis charnel et lascif, que ça file à 180 km/h sans prendre le temps de respirer, mais toujours avec classe. On affirme en tout cas que c’est tribal à en donner le frisson continu. On dit tant de choses.



Tu m’intrigues , en 2004. Bien policé au regard
de ce que GE donne désormais sur scène.

On prétend qu’écouter l’album Good city for dreamers ne suffit pas, que la réalité en est même loin. On dit qu’il faut se confronter à la scène, qu’il y a une épaisseur sans commune mesure avec ce qu’on peut imaginer autour de sa chaîne hi-fi. On murmure que le touche-à-tout qui en est à l’origine tourne également avec les Mighty Underdogs, qu’il fait des battles hip-hop et qu’il sait toutefois garder un éternel versant pop. On dit qu’ils ont l’art des breaks et de la danse, des solos et des reprises à fond de train, qu’ils savent retourner une salle en moins de deux. On dit que le corps quémande encore plus de funk, de ce son si chaud, si rond, steviewonderien à souhait, que leur batteur joue du xylophone et que ça change tout. On susurre que tout prend une autre dimension et que les voir, c’est sexy à souhait. On dit tant de choses.

On dit que taper dans ses mains est le geste le plus naturel qui soit devant eux, on dit qu’ils en redemandent, qu’ils poussent le public à en exiger davantage, qu’il y a une excitation sans pareille à les voir. On prétend qu’il y a trente-cinq ans, on les aurait enfermés près de Detroit dans un studio pour en faire un backing band de feu. On dit que c’est jubilatoire, explosif, spectaculaire. On dit tant de choses.

On ne dit pas que c’est la meilleure chose arrivée à la musique depuis… (parce que ce lieu commun ne veut rien dire). On dit qu’on prend un plaisir assez incroyable à se mouvoir dans l’étuve qu’ils ont eux-mêmes formés. Il se dit qu’ils étaient ce mardi soir à Paris, qu’ils ont retourné la Maroquinerie. On dit qu’ils remettent ça fin avril au même endroit, après avoir fait un tour de France. On dit que c’était court, définitivement trop court, malgré le crescendo et l’heure et demie passée ensemble. On dit que General Elektriks était là, que RV Salters en est la pile électrique, que c’est une excitation à nulle autre pareille. Mais vous savez, après tout, on dit tant de choses vraies !

- Ecouter Good city for dreamers en ligne.