La Blogothèque
Mercredix

Nous sommes tous des vieux cons

Chryde nous en parlait hier : nos années noisy pop / shoegazing sont loin et il fallait bien une vague de groupes qui s’inspirent de cette époque pour aller chercher une dizaine de chansons. Le choix a été – malheureusement – vite fait : certains ont disparu fissa des flots numériques (Qui se souvient des mésestimés Revolver ? Qui détient les droits de Moose ?), d’autres ont laissé des traces probablement proportionnelles à leur impact a posteriori (Qui a dit les Boo Radleys ?). D’où une sélection hautement personnelle et injuste de dix perles.

The Pastels : “Nothing To Be Done”

S’il nous venait l’idée d’un Mercredix consacré aux hits obscurs, celle-ci y aurait sa place, en tête de liste. Est-ce moi ou derrière la pop brinquebalante, on entend des voix clairement anti-folk avant la lettre ?.

Felt : “All The People That I Like Are Those That Are Dead”

Même s’ils ont commencé bien avant tout le monde (premier single en 1979), ils irradient toute la pop anglaise d’obédience ligne claire jusqu’à aujourd’hui. Un beau jour, lorsqu’une intégrale Felt se matérialisera sous la forme d’un magnifique coffret (mais si, on y croit), gageons que Stuart Murdoch en sera l’un des préfaciers.

The Field Mice : “Sensitive”

L’Humanité est composée de deux sortes de personnes : ceux qui ont eu en main un single estampillé Sarah Records et les autres – ne parlons pas du festival qui eut lieu au New Morning (St Christopher, les Orchids, Another Sunny Day et les Field Mice donc), on ferait des envieux. On peut aussi se consoler avec certaines rééditions.

Stereolab : “High Expectation”

Pour une raison qui m’échappe, je ne me suis jamais senti proche de Stereolab mais j’ai adoré leurs premiers morceaux. J’ai probablement connu celui-ci avant tous les autres. Sans aucun doute dans Helter Skelter, diffusé alors le dimanche, de 10h00 à midi.

Teenage Fanclub : “God Knows It’s True”

LE single qui tue. Auquel s’ajoutent au moins deux albums : le très new-yorkais A Catholic Education et le magique Bandwagonesque . Avaient parfois tendance à en faire des tonnes en concert mais il est vrai que le son du défunt Espace Ornano permettait que l’on exagérât un brin.

Pale Saints : “Half-Life Remembered”

Plus encore que Lush, le groupe de l’écurie 4AD qui apporta sa pierre à l’édifice shoegazing pour mieux s’en détacher par la suite.

Ride : “Perfect Time”

Des petits jeunots d’Oxford qui ont bien failli voler la vedette à The House Of Love lors de leur premier passage à l’Olympia – notamment avec ce “Perfect Time”. Puis un premier album aussi puissant – j’avoue avoir un peu lâché l’affaire ensuite. Ils eurent même droit à un reportage dans Rapido. Aux dernières nouvelles, Andy Bell joue toujours dans Oasis.

My Bloody Valentine : “Cigarette In Your Bed”

Que dire qui n’ait déjà été dit ? On a rarement vu un groupe si constant dans l’excellence jusqu’à la moindre face B.

The Jesus And Mary Chain : “Upside Down”

Les coupables, ce sont eux. Avec ce premier single (1984 !) et un Psychocandy du même feedback, ils font même peur à certains membres de La Blogothèque, c’est dire. Le reste de leur discographie est nettement moins révolutionnaire.

The Wedding Present : “Kennedy”

Avec Joseph Gerard, nous avons assisté au même concert de la tournée “Bizarro” à l’Elysée Montmartre à la fin de la décennie 80. Nous ne nous connaissions pas encore, mais même si cela avait été le cas, je crois que je lui aurais pas décroché un mot : j’étais trop occupé à ouvrir grand mes oreilles et à en prendre plein les yeux (ou le contraire). Phrase clé en français teinté d’accent de Leeds : “Err, nous ne faisons pas de rappel.”