Tout à coup, vers le milieu des années 80, une génération spontanée de groupes se référant à Chet Baker et Astrud Gilberto a semblé apparaître. Leur mélancolie s’exprimait dans des teintes douces inspirées de la Bossa Nova, du Jazz, d’un certain eldorado du songwriting sixties. Ce n’était pas un mouvement, personne ne s’était réuni, il n’y avait pas de plan, mais un ensemble de groupes aux aspirations communes : une envie de s’échapper des mélodies jouées à deux doigts sur un synthétiseur, de fuir la congélation de la musique, de mettre un peu d’ailleurs rythmique dans leur pop anglaise. Elle rassembla, l’espace de quelques morceaux, de quelques albums, les noms de Pale Fountains, The Colourfields, Everything but the girl, Prefab Sprout, Weekend … Certains étaient pop et incorporaient d’autres rythmes, d’autres accords (Prefab Sprout, Pale Fountains), d’autres, comme Everything but the girl étaient carrément tentés par le Jazz.
L’aboutissement de cette mini vague fut quelque part le succès de Sade , en 1985, une découverte de Robin Millar, le producteur de Eden , premier album de Everything but the girl en 1984, de La variété unique et précurseur album du groupe Weekend en 1983 et de Working nights , premier album de Working Week (1985).
Weekend

[track id="3366" src="http://download.blogotheque.net/Audio/disque_dimanche/14/The-end-of-the-affair.mp3"]
[track id="3367" src="http://download.blogotheque.net/Audio/disque_dimanche/14/Carnival-headache.mp3"]
[track id="3368" src="http://download.blogotheque.net/Audio/disque_dimanche/14/Life-in-the-day-ofPt1&2.mp3"]
Weekend fut le groupe formé après les Young Marble Giants par Alison Statton, leur chanteuse. Sans la découverte récente d’une compilation de singles de groupes anglais de la période 78-82 qui incluait Drum beat for baby , je n’aurais jamais acheté ce disque. Et pourtant, je me suis retrouvé dès les premières notes en terrain familier. A view from her room exhibe tout le charme de ce mélange improbable de sensibilité anglaise et de déhanchement latin. Alison Statton semble chanter en marchant, absorbée par ses pensées, une mélodie sinueuse digne de la meilleure Bossa qui finalement se dilue en une cavalcade quasi échevelée pleine de percussions et de trompettes flottantes. Ce premier single du groupe qui ouvre de manière inexpliquée MON exemplaire de La variété puisqu’il n’est recensé sur aucun tracklisting officiel annonce d’emblée les intentions du groupes : le mélange de rythmes, le dépaysement, mais dans la campagne anglaise. La musique brésilienne d’obédience Bossa qui sied à merveille au chant élégant et sans affectation d’Alison Statton n’est pas la seule convoquée. Les influences africaines qui nourrissent la rythmique et les guitares de Carnival Headache et de Life in the day of … renvoient à la musique d’un autre groupe en Weekend avec Vampire devant.
La Variété: – The french term for popular radio, everything that’s not heavy rock; music drawing on diversity and depth
Working Week

[track id="3370" src="http://download.blogotheque.net/Audio/disque_dimanche/14/Venceremos.mp3"]
La musique de Weekend , douce et relaxée, n’était qu’en apparence une rupture vis à vis de celle de Young Marble Giants . C’est Stuart Moxham, le guitariste de YMG qui signe Carnival Headache . Phil Moxham son frère, joue de la basse sur le morceau et signe d’autres titres de l’album. Rien ne dit que le fanatique des climats minimalistes de Colossal Youth ne trouvera pas dans La Variété matière à prolonger son plaisir. En revanche, il passera vraisemblablement son chemin sur l’évolution ultérieure de Weekend, Working Week .
Le changement de nom n’est pas anodin, il suggère bien ce qui a eu lieu, le remplacement d’une chanteuse du weekend par une professionnelle, une vraie chanteuse capable d’évoluer dans le registre Soul-Jazz recherché. Julie Roberts n’a pas la singularité d’une Alison Statton ? C’est voulu.
Simon Booth, à la guitare et à la composition au côté d’un dénommé Spike au sein de Weekend s’est associé cette fois au saxophoniste Larry Stabbins, qu’on retrouvait aussi sur La Variété
, pour tenter de monter un vrai groupe de revival Soul-Jazz, prêt à écumer les clubs. La pochette de cet album de 1985 incarne à la perfection ce que m’évoquait à l’époque ce “mouvement” dont Robin Millar me semblait être le pape : des groupes de types en manteau de cachemire, ambassadeurs d’un revival Jazz Light à mille lieu de mes besoins d’authenticité. Le temps a passé, et plus de vingt ans plus tard, je n’ai pas fait la fine bouche lorsque je suis tombé dessus à 2 euros, j’étais même plutôt content. Du groove, par des blancs becs des années 80, il y a sans doute du bon à prendre, me disais-je. Et alors ? Si on excepte une première face que j’ai pris l’habitude de zapper avec une reprise très (très) moyenne du Inner City Blues
de Marvin Gaye, le latin Jazz de Working Week
swingue plutôt agréablement. Le son, très propre, a sans doute un peu vieilli. Même si l’album n’est pas vraiment mémorable, le groupe annonçait, avec le recul, dans la démarche comme dans la musique, les Soul II soul
et Talking Loud à venir.
LES OBJETS :
Dates et lieux de trouvailles
: Fin décembre à Avignon.
Prix
: 2 euros chaque
Etat
: Bon état
Vendeurs
: General Music, un spécialiste de l’occasion
Taux d’hésitation avant achat
: 0% pour les deux.






Commenter