La Blogothèque

Hjaltalin, en live, enfin…

Les trois premières personnes à envoyer un mail (blogotheque&gmail.com) avec le titre du premier album de Hjaltalin dans le sujet gagneront une place pour le concert de mardi soir au Café de la Danse .

En octobre 2007, DJ Barney, après avoir découvert un single emballant (“Goodbye July/Margt Að Ugga”) se posait la question “Et si cet album était énorme ?”. En juillet 2008, après quelques écoutes enthousiastes de Sleepdrunk Seasons, je répondais par l’affirmative. En janvier 2009, avec le recul inhérent à l’exercice critique, je confirme ces emballements précoces et le plaisir d’écoute de ce disque fanfaron et érudit.

Sleepdrunk Seasons est à la fois hommage et acte visionnaire. On pourrait y voir une sorte de comédie musicale surannée qui s’abreuverait de “classiques récents” (Prokofiev, Grieg, Ravel…) et déploierait tranquillement ses bons sentiments et ses paysages idylliques (“The Trees Don’t Like The Smoke”) avant qu’une clarinette ou un basson ne vienne troubler cette harmonie et ne renvoie ses protagonistes en des temps plus sombres. Des temps toujours romantiques cependant : ici on fait dans l’orchestre de poche (une dizaine de membres, le décompte est fluctuant), dans les arrangements savants, dans la voix de crooner singulier et l’écho féminin rêveur. Et l’onirisme aussi…

Les Hjaltalin, en bons Islandais, affirment leur indépendance vis-à-vis des structures conventionnelles et bâtissent leurs chansons en de baroques architectures : “Goodbye July/Margt Að Ugga” s’apprécie en trois mouvements, “Debussy” se déguste en rythmes fluctuants, “Selur” se ressent en accélérations arcadefireéennes et toutes font dans les structures éclatées. Quelques éléments d’avant-garde teintés de nostalgie et des envolées passionnées, une pop anachronique jouée par des dandys septentrionaux, de la fantaisie comme de la rigueur obligée, la musique de Hjaltalin, devrait exacerber ces traits en live, faire du démodé une tendance et transformer le conditionnel en indicatif, voire en impératif…

En première partie, il y aura l’électro de Saycet et l’étrange rock d’un autre phénomène Islandais, Mugison, un Jamie Steward local, sévèrement allumé et évoquant à l’envie un Jon Spencer en cure de repos, un Bob Log III shooté aux amphéts, un Ben Harper bourré ou un Will Oldham niais. Des associations pas toujours très heureuses, mais assurément curieuses et forcément dépaysantes.