La Blogothèque

2008, année patchwork

LE TOP DE AKA - 2008 aura surtout été pour moi une année de chansons et finalement peu une année faite d’album. Aucune raison particulière à cela, si ce n’est de formidables concours de circonstances qui m’ont rendu plus sensibles aux plaisirs immédiats procurés par un titre unique plutôt qu’aux charmes dissimulés d’albums qui s’apprivoisent avec patience. Des voyages, des départs, des arrivées, des éloignements, des joies immenses et des peines transitoires. Année riche en émotions et évènements, mon 2008 n’aura pas laissé beaucoup de place a la musique. Quantitativement du moins. Car paradoxalement, jamais mes souvenirs d’une année n’auront, je pense, été autant associés à des chansons.

NOAH AND THE WHALE – 5 YEARS TIME EP / SHAPE OF MY HEART EP

Hymne à la joie, d’une candeur et d’une légèreté trompeuse, “5 years Time” de Noah & The Whale sera définitivement me chanson 2008. Accompagnant mes plus grandes joies (la gestation de mon fils aura été joyeusement bercée par l’écoute répétée et euphorique de ce titre), apaisant mes pires angoisses, donnant lieu à des séances de karaoké improvisées en plein embouteillage et consolant aujourd’hui les pleurs de mon enfant, cette chanson incarne tout ce qu’il y eut de magique au cours de cette année. Finement accompagnée sur un single impeccable de cohérence, elle ne perdit presque rien de son efficacité sur un album pourtant plus inégal. Même tarif pour “Shape of My Heart”.

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- Noah & The Whale à la Soirée à Emporter #2

V.O. – OBSTACLES

L’album de V.O. se sera offert comme la plus belle des confirmations. Fidèle à lui-même, Boris Gronemberger évite les répétitions et continue a tracer sa voix, multipliant les idées et les prouesses. Il parvient notamment à marier avec un talent inouï la simplicité et la richesse des arrangements. De cet album, je retiendrais surtout “Green Snow”. “Green Snow”, ce fut de longs trajets sur le Bosphore, à l’abri du froid, le casque vissé sur les oreilles le regard fixé sur l’écume qui se forme a la surface de l’eau pour se mélanger aux reflets d’un soleil capricieux. “Green Snow”, ce fut l’apparition surréaliste du Kilimandjaro survolé dans un avion de ligne. “Green Snow” ce fut surtout la chanson la plus bouleversante que 2008 m’aie donnée à entendre.

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PORTISHEAD – THIRD

Dès la première écoute, Third glace le sang. Une telle capacité à se réinventer sans se trahir, une telle inventivité pour dessiner de si sombres
tableaux, une telle finesse dans l’évocation d’émotions pourtant difficilement dicibles, Third s’est d’emblée présenté comme le monument de 2008. Monument sur lequel “The Rip” trône sans partage et qui confirme que les reformations ne sont pas toutes vaines ou artificielles. Third incarne la gravité de 2008; Et Dieu sait si cette année aura su être légère et grave à la fois.

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BON IVER – FOR EMMA, FOREVER AGO

Comme beaucoup, j’ai fondu à l’écoute de For Emma, Forever Ago . La voix, les mélodies, les arrangements, tout l’univers qui transpire de cet album ont fait de Bon Iver mon arrache-cœur 2008. Quelque chose de spirituel et de religieux transpire de cet album dont on peine à imaginer une suite tant il semble indépassable. Espérons que l’ami Justin ne se prendra pas les pieds dans le tapis et souhaitons qu’il trouve encore l’inspiration de nous émouvoir autant.

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THE DODOS – VISITER

Une prestation suffit parfois à bousculer toutes vos certitudes. De Visiter ,
je n’avais pas compris grand chose jusqu’à ce que, par une belle soirée
parisienne, j’assiste à la prestation de The Dodos lors de la deuxième
soirée à emporter. Bouillonnants, explosifs, funambules, les deux acolytes
me sont alors apparus comme des messies. Réconciliant Bob Log III avec le folk, ils réinventent une musique délicatement enragée qui excitent les
neurones et remue les nuques. “Joe’s Waltz” est certainement la chanson clef de cet album capricieux, un titre envoutant et finement explosif. Un titre de rage autant que de prière.

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TINDERSTICKS

Bénie soit les années qui nous offrent l’opportunité d’une rédemption.
Pendant longtemps, j’ai involontairement ignoré les Tinderstiks, contre
vents et marrées (et Zeus sait que les vents des fans de tindersticks
peuvent être redoutables). Il aura fallu attendre la sortie de The Hungry

Saw pour que je me laisse tenter et me délecte enfin de la musique de
Tindersticks. Et quelle délectation ! Intense, grave, soyeuse et suspendue,
la musique (et la voix) de Stuart Staples et sa bande est de celle qui
marque une année, voir une vie. Hommage soit rendu a “All The Love”, qui à l’aide de sa rythmique cristalline sera parvenu a m’arracher a mes certitudes pour m’entraîner sur les traces de Tindersticks.

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SHEARWATER vs SILVER JEWS

Rook vs Lookout Mountain, Lookout Sea . Deux albums d’abord oubliés dans un coin de la toile mais qui ont su petit à petit s’imposer comme de durables compagnons. Quand le premier joue sur les contrastes et l’intensité dramatique, le second s’impose avec la force tranquille de la maturité. “On The Death Of The Waters” sur le premier résonne encore comme une claque donc on continue a caresser la marque longtemps après qu’elle se soit effacée, fascinée par la violence et
l’inattendu ce qui vient de se produire. “Suffering Jukebox” des Silver
Jews m’a, quant à lui, lentement charmé avec se dégaine à la Cohen et
ses chants de sirènes pleins de testostérones. Deux grandes chansons, sur des albums certes inégaux mais néanmoins inoubliables.

DESTROYER – TROUBLE IN DREAMS

Sans doute moins surprenant que ces prédécesseurs, Ce Trouble in Dreams aura pourtant été l’écrin de l’un des plus beaux titres de Daniel Bejar : “Foam Hands” est un titre résigné, laissant a d’autre les habituelles envolées épiques pour se contenter de dérouler doucement ses arguments. “Foam Hands” est de ces chansons dont les paroles continuent de raisonner longtemps après leur écoute. “Foam Hands” est de ces chansons qui des la première écoute vous lie définitivement a un album.

FLEET FOXES – SUN GIANT EP

J’ai d’abord cru qu’il fallait se cacher pour adorer “Mykonos”. Trop
anachronique, trop hippie, trop parfaite dans les harmonies, trop policée,
et puis trop longue aussi. Je m’en délectais donc d’abord comme d’un plaisir coupable avant de comprendre que, loin d’être seul, le phénomène Fleet Foxes avait tracé une route que nous étions des milliers, voir des dizaines de milliers a emprunter de concert avec des fleurs dans les cheveux (a défaut d’une barbe). Aujourd’hui c’est donc un peu honteux que j’avoue ne pas être parvenu a dépasser ce titre et ne pas avoir accroché a l’album ni a aucune autre de leur chanson. Ou du moins, rien qui ne soit comparable à “Mykonos”.

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- Le live des Fleet Foxes à la Soirée à emporter #2

RAY LAMONTAGNE – GOSSIP IN THE GRAIN

Nous revenant avec un troisième album magnifique, Ray Lamontagne ce
sera encore une fois imposé comme évidence. Que ce soit avec “Your Are
The Best Thing” ou avec sa déclaration à Meg White, Ray Lamontagne
continue de dérouler une musique teintée de soul, de blues et de folk
qu’il sublime de son chant unique. Et nous on continue à adorer ça !

TOUMANI DIABATE – THE MANDE VARIATIONS

C’est encore seul que le maître Diabaté se révèle le plus bouleversant. Que ce soit sur ce disque inusable ou lors de prestations scéniques qui
confinent au rassemblement religieux, Toumani confirme son talent et son
immense génie. Son hommage à Ali Farka Touré (sur le titre du même
nom) fascine tant il regorge de subtilités et d’évocations complexes.
Un sommet, indéniablement.

- Toumani Diabaté, korafolaw
- Toumani Diabaté sur Cadavre Exquis

ALBAN DEREYER

Une bien belle révélation que ce premier EP du Français Alban Dereyer. Un
disque évocateur et néanmoins très personnel où l’on croise furtivement le
fantôme de Nick Drake et l’on décèle nombre de belles promesses,
comme sur “Give It A Try”, impeccable de justesse et de délicatesse. On
attend avec une très grande impatience que sorte enfin un premier album qui permette a Alban Dereyer de déployer tout son art. Puisse 2009 nous faire ce présent.

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FLIGHT OF THE CONCHORDS – FLIGHT OF THE CONCHORDS

Combien de fois ne me suis-je pas rêvé, moi aussi, parcourant Sunset Beach en roller et pantalon moulant, le torse poilu paré d’un simple médaillon doré, la paire de Rayban négligemment vissée sur mon nez et chantant, le plus sérieusement du monde, “Ladies Of The World”. Réussissant la prouesse d’amuser avec des mélodies qui subliment la caricature, Flight Of The Conchords ne pouvait être oublié de 2008.

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