La Blogothèque

Tête de lecture #6

UNE CRITIQUE AUSSI MYTHIQUE QUE SON OBJET

Difficile de l’ignorer, ça y’est, après 14 ans d’attente, Chinese Democracy le nouvel album des du Guns N’ Roses. Que vous l’ayiez écouté, acheté, piraté ou pas, il faut lire l’article que Chuck Klosterman a consacré à l’album sur A.V. Club . Une pure merveille, que l’on aime Axl Rose ou pas, avec des passages délicieux comme celui-ci :

On (…) “Sorry,” Rose suddenly sings an otherwise innocuous line (“But I don’t want to do it”) in some bizarre, quasi-Transylvanian accent, and I cannot begin to speculate as to why. I mean, one has to assume Axl thought about all of these individual choices a minimum of a thousand times over the past 15 years. Somewhere in Los Angles, there’s gotta be 400 hours of DAT tape with nothing on it except multiple versions of the “Sorry” vocal. So why is this the one we finally hear? What finally made him decide, “You know, I’ve weighed all my options and all their potential consequences, and I’m going with the Mexican vampire accent.

L’article est en ligne depuis dix jours, est passé un peu partout, et commence à être l’objet d’un culte en lui-même. Pour prolonger l’expérience, on peut relire la critique imaginaire du disque que Klosterman avait écrite il y a deux ans, ou la critique de la critique publiée par The Bygone Bureau .

Et pour lire une critique sans pitié de l’album, on ira chez Self Titled

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L’INSUPPPORTABLE DEVENDRA ?

Deux journalistes de Fader se demandent, dans une conversation, si Devendra Banhart ne fait pas actuellement la musique la plus intéressante de sa carrière et pourquoi les gens le détestent maintenant.

ED: I don’t know. He seems pretty comfortable with who he is.

DA: I agree, but he’s also a total caricature who has never seemed to have any objection to the attention he was getting. He’s an interesting icon in that way. Being so used to these tortured artists, he seems to love the spotlight.

ED: I remember when they had the ArthurFest here in LA in 2005 and he was playing in Vetiver. Everyone was running around outside in flowing skirts and facepaint, and there were literally five dudes basically dressed up as Devendra Banhart with no shirt and metal headdresses. Then he showed up wearing a button up shirt and a vest and his hair in a ponytail

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COMMENT ACCEPTER LA PUB

Le magazine américain Miller-McCune publie l’interview de Bethany Klein, chercheuse à l’université de Leeds qui a consacré une thèse aux relations entre la musique et la publicité. Elle y parle de la plus grande souplesse avec laquelle les artistes et leurs fans acceptent cette relation, de l’importance des Beatles et de Nick Drake dans l’histoire de la publicité musicale, et de l’aveuglement des majors.

In my book, I devote a chapter to The Shins. They licensed “New Slang” to McDonald’s, relatively briefly, maybe just during the Olympics a few years ago. And that case was an amazing example of “Oh, people do still care.” You could see in all the interviews that James Mercer, their singer, did about this — and it got brought up in every interview — he was really struggling with the idea: “What’s the big deal? This is just a commercial — it happens all the time.” And, on the other hand, he could recognize how painful it would be if, say, The Smiths got used in a commercial and how terrible that would make him feel as a fan.

(Et le site offre dix exemples marquants d’association entre une chanson et une pub)

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AMOUR NEO-ZELANDAIS

Gonzaï est tombé amoureux des Flight of the Conchords, assez pour faire quelques recherches et tomber sur un film inédit avec Jemaine, mis en musique par le groupe neo-zélandais ‘The Phoenix Foundation’. Chouette article, chouette découverte.

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TRISTES VISAS

Télérama revient sur les difficultés croissantes que rencontrent les musiciens africains qui voudraient venir jouer en France, en butte à une administration buttée sur sa lutte contre l’immigration illégale. Jusqu’à l’absurde, comme l’explique le directeur du festival Musiques métisses d’Angoulême.

« Il a même été demandé à certains d’apporter leur instrument et de jouer pour prouver qu’ils sont musiciens »

(Et François Gorin a écrit sur Tom Waits et les Ramones, et c’est bien)

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JARVIS SANS REGRETS

Superbe article du Guardian sur Jarvis Cocker, dans lequel il parle d’un voyage au pôle Nord, des filles qui se plaignaient qu’il dévoile leur vie privée dans les chansons, des six mois au bout desquels il a découvert que l’alcool, la coke et les jolies filles à volonté ne le rendaient pas heureux.

If he were so shy, why on earth did he want to be a pop star? “Oh well that’s easy to answer because it’s a way of being sociable but at a safe distance. You’re on a stage but people are a bit away. You’re singing songs that are a personal expression, but you’re not doing it individually to people; you’re doing it to a mass of people. I find it much harder to be open with someone I’m intimate with.”