La Blogothèque
Concerts à emporter

Vandaveer

Vandaveer est un musicien tout-terrain. Nous l’avions déjà vu à l’œuvre par deux fois durant l’année. Au premier jour de l’été, il est revenu seul à Paris, sans sa soeur, mais toujours bardé de son humour, de sa voix chaleureuse et des ballades toutes en mélodies.
Lorsque nous avons commencé à tourner, Vandaveer a marché, bercé par le banjo et lançant sa voix au-delà de la rue. Derrière un haut mur, niché le long de la ligne de la Petite ceinture, une fête de mariage se déroulait. Nous avons poussé le portail en fer, Vandaveer a fait irruption au milieu de quelques joueurs de pétanque, le rosé bien entamé sur la table, et d’enfants qui gambadaient dans un étonnant bric-à-brac. Le soleil de la fin d’après-midi est venu caresser les refrains enjoués de Roman Candle . Devant ce public aussi improbable que surpris, Vandaveer ne s’est pas démonté, a fait fi de tout, se marrant de cette occasion opportune d’avoir un public.

Sitôt les chansons finies, nous sommes repartis aussi prestement que nous étions arrivés. Nous n’avions pas droit à plus, sans quoi, le charme léger et ténu qui existait n’allait pas tarder à se rompre.

Dans les rues adjacentes à la Flèche d’or, où il jouait le soir-même en compagnie de ses camarades de These United States, peu de gens à vrai dire s’intéressaient à Mark, ce grand gaillard qui en impose sans la ramener. Nous étions simplement le soir de la Fête de la musique et les alentours résonnaient déjà de jeunes batteurs nés après la sortie de «Nevermind», de groupes jazz animant une placette et de terrasses à la sono poussée au maximum. Qu’importe, Vandaveer était là pour se frotter au public. C’est avec l’air de Roman Candle , celui qui reste dans la tête, qu’aux derniers feux de son concert du soir, le public l’avait rappelé sur scène. Car tout seul, il vaut déjà un groupe entier.

Pieds nus, Mark et ses acolytes ont déambulé dans les rues du XXe arrondissement, allant jusqu’à tenter de se faire entendre dans la nef de l’église. Et puis, quoi de plus normal que de parler de la rue dans la rue, de battre le pavé, de glisser le long des terrasses pour accrocher le regard des passants, de faire résonner sa voix dans ce petit bout de Paris. L’homme est tout-terrain, on vous le dit.

Vandaveer est reparti en studio cet été, pour terminer un album. Ce soir, à la Flèche d’or, il les fera partager sur scène. Puis ce sera au tour de Rouen, Lille, Toulouse et Bordeaux de profiter du gaillard.