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En 1972, Michel Fugain reprend Voce Abusou de Antonio Carlos e Jocafi et le transforme en hit national sous le titre de Fais comme l’oiseau . 1973, Pierre Vassiliu déboule avec Qui c’est celui-là ? , sa reprise rigolarde du Partido alto de Chico Buarque . Nicoletta enchaîne la même année avec sa version du Fio Maravilha de Jorge Ben (et une faute de frappe sur la pochette). On entend de la cuica dans la variété française, du cavaquinho. Oserais-je citer Nana Mouskouri , présence récurrente des plateaux de télé de ces années là ? son Quand tu chantes de 1976 est la version française du Canta Canta Minha Gente du sambiste Martinho da Vila .
Surfant sur sa propre vague, Claude Nougaro puise encore et toujours dans un répertoire brésilien qu’il affectionne. Son Brésilien de 1976 est une relecture du Viramundo de Gilberto Gil . Ah tu verras , sublime réussite, reprend la trame du O que sera de Chico Buarque (1978).
Ces morceaux sont des souvenirs de la radio de mon enfance. Ils ne sont pas les seuls exemples de la perméabilité de la variété française de l’époque à la musique brésilienne. Françoise Hardy enregistrait avec Tuca , une guitariste brésilienne émigrée en France, ce qu’elle considère comme son plus bel album, la question . Isabelle Aubret délivrait un album à la première face étonnante s’ouvrant sur une splendide version du Casa Forte de Edu Lobo . Il faudrait également citer Bernard Laviliers , Georges Moustaki , et surtout ne pas oublier le label Saravah qui hébergea le Trio Camara et Nana Vasconcelos (avec Novelli et Nelson Angelo ).
Cette compilation à la pochette hideuse, sortie en 1975 par le label RCA pour capitaliser sur le succès de Qui c’est celui-là , est le témoin de cette époque. Le concept “vendeur” de Brasil original est à première vue de proposer les versions originales brésiliennes des hits français, mais Voce Abusou , Viramundo et Partido alto ne remplissent pas un double album et RCA en profite pour faire la réclame de son catalogue brésilien, très fourni en ces années 70.
On trouve sur la compilation des artistes populaires, associés au renouveau du genre Samba comme Os originais do samba ou Martinho da vila , d’autres plus proches de la MPB comme Joao Bosco ou le duo Antonio Carlos e Jocafi et leur interprète favorite Maria Creusa. Les morceaux inclus ici ne sont malheureusement pas tous du niveau du Kid Cavaquinho de Joao Bosco (mais pourquoi ne pas avoir choisi les bombes des deux premiers Antonio Carlos e Jocafi ?). RCA héberge aussi des rescapés de la Bossa comme Rosinha de Valença , guitariste au touché exceptionnel ou une star déchue de la soul brésilienne encore capable de fulgurances funky comme Wilson Simonal . Samba da minha terra , un morceau de Dorival Caymmi et Coisa do louco sont deux jolies perles d’une compilation inégale.
Pour bien vendre son disque, il ne reste à Monsieur RCA qu’un problème à régler : aucun des noms connus des français, les Jobim , Chico Buarque , Gilberto Gil ou Jorge Ben ne font partie de son catalogue. Qu’à cela ne tienne ! il fouille et déterre Per un pugno di samba , un disque enregistré par Chico Buarque pour RCA lors de son exil italien, avec Ennio Morricone à la baguette. Funeral de um lavrador et Sonho de um carnaval , une fois passés à la moulinette Morricone, deviennent ces curiosités hybrides, orchestrales rococo et rustiques à la fois. Plutôt amusant pour une compilation appelée Brasil original .
Pour Viramundo et le reste Mr RCA creuse encore et déniche ces enregistrements précoces de la bande de Bahia pour son label. Et voilà que des choix par défaut nous permettent d’entendre les versions primitives de Roda et Procissao d’un Gilberto Gil au talent musical déjà affirmé, de découvrir le charmant Samba em paz , premier enregistrement d’un Caetano Veloso musicalement tout timide, d’entendre une Maria Bethania à la présence déjà phénoménale sur ce titre de 1965, Eu vivo um tempo de guerra .
L’OBJET :
Date et lieu de la trouvaille
: Il y a des années, à Emmaüs.
Prix
: 1 euro !
Etat
: Tudo bem
Vendeur
: Emmaüs
Taux d’hésitation avant achat
: 0%






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