La Blogothèque

Têtes de lecture #4

Sur le front de la musique en ligne, nous avions relayé l’annonce de la fermeture temporaire de Muxtape. Elle est désormais définitive, et son fondateur raconte toute l’histoire de sa tentative de négociation d’un accord de licensing ici :

Around the same time I got a call from the VP of anti-piracy at one of the majors. After I picked up the phone his first words were, “Justin, I just have one question for you: where do I send the summons and complaint?” The conversation picked up from there. There was no summons, it was an intimidation tactic setting the tone for the business development meeting he was proposing, the true reason for the call.

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Over the next week I learned a little more, mainly that the RIAA moves quite autonomously from their label parents and that the understanding I had with them didn’t necessarily carry over

Pendant ce temps, EMI va vendre de la musique dans des machines placées dans les aéroports

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Où l’on apprend que les paroles de Sigùr Ros sont bien en islandais et pas en hopelandic. Cette langue imaginaire n’était qu’un truc pour attirer l’attention des médias, et “Gobbledigook” est le terme islandais qui sert à désigner le son des sabots d’un cheval.

I think there’s a big misunderstanding about us, about the language and the lyrics. We actually do take great care in writing lyrics, we really try to do our best. We don’t want to just say anything. And 95% of it is in Icelandic. So it is in a language. I hate to even say it– the Hopelandic stuff is mostly a media thing, it’s only a few songs.

Par ailleurs, un peu comme Stones Throw l’avait fait et après une première tentative avec le DVD de Heima, le groupe essaie à sa façon de trouver un avenir au support physique avec une édition deluxe de leur petit dernier.

Et la photo de Jónsi qui illustre cet article est l’œuvre d’Entro_py. Et elle est vraiment très belle !

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Un article qui date un peu chez The Stranger : comment aurait-on pu prévoir la nomination de Sarah Palin comme colistière côté républicain ? Très simplement en se penchant sur le hit-parade américain qui a sacré cet été le brûlot pseudo-féministe de Katy Perry.

She kisses a girl—sure, okay. She likes it—um, and? Oh, and she hopes her boyfriend doesn’t mind, because sexual autonomy is inextricable from the male gaze, and that’s fucking awesome. “I Kissed a Girl” is infuriatingly ass-backward: cynical adherence to outdated values made into titillation, snide calculation dressed up as the underdog, the same old bullshit disguised as rebellion.

Espérons que le parallèle entre les deux femmes se poursuivent encore un peu.

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On vient de lancer, comme vous le savez, le site dédié aux Soirées de Poche. Les musiciens des Chicros en ont profité pour nous signaler leur contre-chronique de concert parue sur Brain Magazine. Une contre-chronique, c’est quoi ? C’est un concert raconté par un musicien et plus par un spectateur ou un critique. Kim, invité de la Soirée de poche Herman Düne, s’est prêté à l’exercice sur son blog. Là en l’occurrence, les Chicros parlent des concerts en appartement qu’ils organisent en incluant des tickets d’or à la Roald Dahl dans leur dernier maxi. Si vous en trouvez un, ils viennent jouer en acoustique chez vous pour vos potes.

Et c’est là que s’opère un truc bizarre : nous commençons à jouer nos chansons, complètement lestés de tous les oripeaux qui habituellement séparent le Groupe du Public, et de tout ce qui confère au Groupe un statut particulier et une majuscule. En effet, il n’y a ni sono, ni amplification, ni micros, donc ce qu’on dit n’est pas plus fort que ce que peuvent dire les autres mecs. Pas non plus de spots sur nos gueules et d’obscurité ailleurs pour que tous les regards convergent naturellement sur nous. Ni d’estrade pour nous surélever par rapport au Public.

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A la fin seul un petit filet de son émane de nos instruments ; putain, les mecs sont complètement suspendus au son, ils tendent l’oreille — littéralement, c’est drôle à regarder d’ailleurs. La plupart des gens ne sont même pas aussi attentifs quand ils écoutent leur iPod seuls chez eux.

Voilà qui nous rappelle pourquoi on se bat et de très jolis souvenirs

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Enfin, la pub va-t-elle sauver l’industrie musicale ? C’est la question que pose Brain Magazine (encore eux, oui) au responsable synchro d’Universal France.

La musique en pub doit illustrer des discours. Et aujourd’hui le discours tarte à la crème des marques c’est : « On est près de vous, on respecte l’environnement ». C’est une horreur, ils ont tous ce discours-là. Donc on met des musiques organiques, fraîches, simples, pas sur-orchestrées, fragiles, un peu délicates avec des voix de nanas, qui veulent dire : naturel, simplicité, proximité. L’autre axe, c’est la modernité, donc plutôt électro. Numericable par exemple, ils avaient une très mauvaise image. En choisissant Justice, ils disent : avant-garde, technologie.

Et justement, la petite Lykke Li, notre suédoise préférée du moment, vient quant à elle de connaître les joies d’une synchro pub. “Dance, dance, dance! ” chante-t’elle pour … cette marque. Heureusement qu’il coupe avant la fin du refrain : “Words would never make up for what you do ”…