La Blogothèque

Liz Green, des Abbesses à la rue d’Aligre

On ne vous a pas encore vraiment parlé de Liz Green et pourtant, il faudrait, en long, en large et en bien.

L’Anglaise était venue chanter après la deuxième soirée de poche offerte à Bon Iver, du côté des Abbesses à Paris.
On en avait entendu plein de belles choses auparavant, certains disaient que peu de chanteuses mettent plus de délicatesse dans leurs chansons en ce moment, d’autres que sa voix semble avoir des centaines d’années, avoir souffert, vécu et voyagé à travers les décennies folk. Son MySpace ne faisait que confirmer tout ça, alors on l’a invité à venir kidnapper la fin de soirée.

Elle a tenu ce rôle à merveille, seule avec sa guitare, s’arrêtant au pied du manège des Abbesses, figure menue reluquée par les poivrots de la place, puis devant un bar où les habitués se demandaient ce que tous ces gens faisaient autour de cette fille pas bien grande avec ses chansons sans âge, qui avait l’air de vouloir en découdre à coup de guitare avec Paris entier. Mais tout en douceur.

Figure discrète, Liz Green a c’est vrai une façon de chanter à part, bizarre même, un peu forcée et grimacée. Une voix de roman anglais jauni et tout corné… Quelque chose d’un peu fantasmé, avec un accent qui n’existe pas et qui la fait sonner comme un vieux 78 tours encrassé.
Elle a déjà sorti deux maxis plutôt très emballants et prépare son premier album. On aimerait qu’elle enrichisse sa guitare d’autres sonorités, qu’elle laisse ses histoires prendre le temps et les couleurs qu’elles demandent. Et surtout qu’elle soit courageuse, qu’elle ne soit pas une chanteuse attachante de plus.
Sa voix ne suffira pas, aussi belle soit-elle. Et même si oui, c’est sûr maintenant, on n’en a pas entendu beaucoup d’aussi touchante cette année.

On est prêts à patienter le temps qu’il faudra. Et en attendant on peut l’écouter en session lors de la toujours recommandable émission Planète Claire d’Aligre FM.

- Photo bandeau: Stephen Burch

- Photo soirée de poche: Artypop