La Blogothèque

Erica Buettner, tout en douceur

On a beau lire critiques à foison, surveiller les blogs à la pelle, la musique reste une affaire de transmission , et rien ne vaut l’enthousiasme sincère d’un ami en qui on a confiance pour vous pousser à cliquer sur le lien d’une page MySpace. C’est un de ces mails qui m’a fait cliquer sur la page d’Erica Buettner. Mais c’est sa voix qui m’a fait y rester.

Il n’y avait, dans ce que j’écoutais, rien d’original, de percutant, incroyablement nouveau. Juste quelque chose d’apaisant et émouvant. Juste cette voix mûre, calme et chaude; la sobriété extrême des arrangements. Un arpège le plus souvent, guitare ou banjo, une basse dans le fond, le tout assagi et attentif, posant du velours derrière cette voix qu’on dirait venue d’une autre époque, d’un âge d’or folk et romantique. Judee Sill, Vashti Bunyan, ces femmes qui semblaient regarder de haut, sages, la frénésie de leur époque.

On n’aura que quatre titres à se mettre sous la main, nous vous en offrons un. Patients, ouvragés avec soin, rappelant à certains égards Piers Faccini, un homme de notre temps qui oeuvre également pour un art de la lenteur, d’une richesse qui ne soit pas d’apparat, pas clinquante. Cela fait du bien, tout juste.

Erica Buettner est Américaine, elle vit à Paris. Elle travaille à un disque avec Pierre Fa, joue quelquefois dans de petits bars et salles de concerts, et on s’est dit qu’on ferait bien quelque chose avec elle. Restez branché, on vous reparle (TRES) vite d’elle.