La Blogothèque
Back On Stages

A Silver Mount Zion

Ah le Silver Mount Zion & Tralala Band… Ces quelques concerts où nous nous sommes balancés bras-dessus bras-dessous entre amis, les yeux fermés, le sourire aux lèvres, quelques frissons parcourants parfois la chaîne d’enfants émus que nous avions formé, les hymnes entonnés sans retenue (“come on friends…” )…

Et chaque fois la peur que la magie n’opère plus, de tomber sur un mauvais soir, que le groupe ait pris un dur coup de vieux. La dernière fois, c’était en avril et je m’étais proposé de tourner un Back On Stages. Les Mount Zion jouaient deux soirs d’affilée à la Maroquinerie, on a pu s’organiser pour les filmer le second et je n’ai pas résisté à y faire un tour le premier soir, sous prétexte de “repérages” (Dieu sait si c’est un prétexte car les repérages ne sont pas légion à la Blogo).

C’est donc sans caméra et avec cette petite boule au ventre évoquée plus haut que j’y suis allé ce samedi-là. Je n’avais pas écouté ’13 Blues for Thirteen Moons’ et les quelques échos que j’en avais eu (mes amis sont devenus exigeants avec le temps) n’étaient pas fameux… donc cette inquiétude bien présente.

Efrim a d’abord annoncé qu’il n’était pas en forme, comme s’il s’excusait par avance. Il y a eu un silence et j’ai découvert ’1,000,000 Died to Make This Sound’. Un long, calme, progressif a cappella et me voilà capturé… Le morceau s’est terminé, j’ai hurlé.

Mais le concert a continué. C’est vrai, ils n’étaient pas en forme là-bas, en face sur scène. Je suis même sorti me payer un verre à un moment sans avoir l’impression de rater grand chose. Le soir, je me suis dit qu’il ne fallait surtout pas que je rate ce seul morceau qui m’avait touché.

Dimanche donc. Caméra. J’arrive un peu en avance. Le Mount Zion est à table. Je m’enquiers de la santé d’Efrim. Il va mieux, il sourit même, derrière ses boucles d’or noir. Ça me rassure et j’attends tranquillement que commence ’1,000,000 Died to Make This Sound’ pour ne pas le rater surtout.

Je ne sais plus ce qu’il s’est passé. Plus du tout. Je me souviens seulement qu’à la fin du concert je n’avais plus de bras et que je n’avais toujours pas entendu ce morceau. Mais je l’avais oublié, emporté au loin dans le tourbillon du Mount Zion. Le morceau est tombé au rappel, mais j’étais déjà épuisé. Je n’avais pas pensé au fait que ces gens-là font durer chaque morceau au moins 10 minutes, parfois le double… Et le Back on Stages, c’est du plan séquence, j’y tiens. Par contre le plan séquence lui, faut le tenir sur des durées comme ça… J’ai eu des courbatures et très peur qu’aucun de mes plans ne soit valable jusqu’au bout. Pour que les bras-dessus bras-dessous, les frissons, les yeux fermés, le sourire aux lèvres puissent être ne serait-ce qu’un peu partagés avec vous…

Je n’ai gardé qu’une seule vidéo. Un morceau qu’on connaît déjà, mais qui n’a pas fini de nous enchanter. On y voit beaucoup de ce qu’il se passe sur scène, on est avec eux. C’est une sensation (ça l’a été quand j’ai filmé).

Mais vraiment, vraiment la prochaine fois venez s’il vous plaît vous balancer avec moi dans la foule, ça vaut tous les films du monde.

Gaspar Claus